Combien valent les principes d’un Ministre ?

S’il y a une chose qu’il faut laisser au gouvernement actuel, c’est bien son sens de l’Etat. Ainsi vient-il d’adopter les propositions de la Commission Trajtenberg chargée d’apporter des solutions à la contestation sociale. Parce que c’est le mieux pour Israël ?  Bien sûr, quoi d’autre ?

Rappelez-vous: cet été, Benjamin Netanyahou avait annoncé la mise en place d’une Commission, dirigée par le Professeur Trajtenberg et destinée à répondre aux demandes des « Indignés ».  Celle-ci  a remis son rapport voici une dizaine de jours.

Fort démocratiquement, M. Netanyahou l’a soumis au vote des 29 ministres de son Cabinet. Un bide noir* : ceux d’IsraëlBeteinou (extrême droite) n’avaient pas eu le temps de l’examiner et, de toutes façons, le rapport n’en faisait pas assez pour les jeunes.

Pour ceux du Shass (ultra-orthodoxes séfarades), il ne s’occupait pas assez des plus pauvres. Atsmaout, (gauche ) le parti d’Ehoud Barak s’inquiétait pour le budget de la Défense. Même Moshé Kahlon, du Likoud, le propre parti de Benjamin Netanyahou avait des réticences.

Trouvant certainement toutes ces inquiétudes légitimes, le Premier ministre a retiré son projet, le temps que chacun réfléchisse à des solutions équitables. Ces réflexions ont porté leurs fruits.

Voici quelques jours, une majorité de 21 ministres a adopté les recommandations de la commission Trajtenberg. Telles quelles, sans modifications. Le sens de l’Etat, de l’intérêt général a donc prévalu sur ceux de catégories particulières de la population

En fait, pas exactement. Les ministres d’Atsmaout (Industrie et Agriculture) ont découvert les mérites du rapport dès que le Premier Ministre leur a promis une augmentation de leurs budgets respectifs.

Avigdor Lieberman (Israël Beiteinou) a pris le temps de lire et d’approuver le rapport juste après avoir obtenu la promesse … écrite, de recevoir satisfaction sur la plupart des revendications sociales de son parti.

Quant à Moshé Kahlon (Affaires sociales), il a reconnu la sagesse du chef de son parti après une discussion amicale durant laquelle a aussi été évoqué un accroissement significatif de son budget. 

Restait leShass, qui n’ayant rien obtenu, est resté ferme et solide sur les principes intangibles qui guident son action depuis toujours. Lesquels pourraient cependant être mis au placard sous peu.

Comme l’ont expliqué les ministres de ce parti : « Sans nous, Netanyahou ne pourra pas faire passer le rapport à la Knesset. A la fin, il devra nous acheter et ce sera très cher ». On comprend mieux pourquoi le Premier Ministre est si réticent à négocier avec les Palestiniens.

Le voudrait-il, qu’il serait incapable de finaliser un traité de paix avec Mahmoud Abbas. Si prospère soit-il, Israël n’a tout simplement pas les moyens de payer assez ses ministres pour que leur sens de l’Etat leur permette de ratifier un tel accord…

*http://www.israelvalley.com/news/2011/10/11/33403/israelvalley-economie-…

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