C’est une torah un peu spéciale qu’étudient ces filles d’une école hassidique de New York*. Il manque un mot à chaque verset ainsi que tout le début de la Genèse…
On sait les (manques de) rapports des ultra-orthodoxes avec la sexualité hors mariage. Et la stricte éducation imposée aux filles dans le domaine de la pudeur. Laquelle passe par la l’interdiction de tout ce qui pourrait leur donner des idées malsaines.
Cinéma, télévision, internet, journaux, livres, etc. leur sont ainsi interdits. Une censure qui, pour certains, s’étend jusqu’à la torah (l’Ancien Testament). Laquelle, il faut bien le dire, est pour un « craignant-Dieu », l’équivalent antique des « 120 journées de Sodome » du regretté marquis de Sade.
C’est que, outre le déjà limite « Et Truc connut Machine et engendra Chose » on y trouve à peu près toutes les perversions visibles sur les sites pornographiques (paraît-il. On n’en sait rien, on est un homme marié, nous) :
Masturbation (Onan), viol (Amnon et sa sœur Tamar), voyeurisme (David et Bethsabée), « Milf »** : la femme de Putiphar et Joseph, inceste et partouze : Lot et ses deux filles), on en passe et des pires.
Bref, ils zappent les torrides onze premiers chapitre de la Genèse et les filles commencent à étudier la bible à partir d’Abraham, moins donc les passages scabreux. On dauberait volontiers le rigorisme étroit de ces bigots n’était le mot manquant de chaque verset. (Vous l’aviez oublié celui-là, pas vrai ?)
En fait, il s’agit d’une astuce marquant un certain esprit de progrès : normalement, les hassidim défendent aux filles d’étudier l’ensemble de la torah. Une interdiction que ces rabbins, plus ouverts mais pas trop, tournent en supprimant ces fameux mots….
** « Milf » : si vous ignorez ce que cela signifie, c’est que vous n’avez pas besoin de le savoir
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