Le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique se prononce contre l’interdiction indirecte de l’abattage rituel qui a fait l’objet d’un accord politique en Flandre et qui est discutée dans d’autres régions de notre pays.
Le Président du CCOJB, Yohan Benizri, a déclaré: “L’interdiction indirecte de l’abattage rituel est très problématique pour une partie de la communauté juive mais elle suscite un émoi bien au-delà de ce groupe, chez tous ceux qui ont à cœur la protection raisonnable des libertés religieuses. Non seulement cette interdiction est douteuse d’un point de vue juridique, mais aucun argument présenté en sa faveur ne résiste à l’analyse”.
Le pluralisme d’opinions dans la communauté juive est particulièrement fort et le respect des lois alimentaires n’est pas uniforme. Cela étant, le respect des minorités, en ce compris des minorités religieuses et de leurs libertés, est un combat essentiel lorsqu’il est mené de manière raisonnable.
Lorsque l’on touche aux libertés religieuses, la question essentielle est de savoir si l’interférence que l’on se propose d’introduire est nécessaire et proportionnée aux objectifs que l’on poursuit.
L’interdiction de l’abattage rituel était autrefois justifiée par un antisémitisme violent, évidemment condamnable. Aujourd’hui, elle est justifiée par ses promoteurs par le souci du bien-être animal.
Il n’est pas contesté qu’il existe de graves atteintes à la protection des animaux et de leur bien-être, notamment, pour des raisons économiques.
Mais il faudrait admettre que l’abattage tel que le pratique le judaïsme (dont les règles humanitaires de haut niveau moral à cet égard sont, par ailleurs, totalement méconnues de ceux qui le critiquent) et qui reste, il faut bien le reconnaître, tout à fait confidentiel si on le mesure globalement, serait un problème central ?
C’est au mieux déraisonnable, au pire suspect.
L’un des principes fondamentaux du peuple juif est de donner force à la prescription talmudique selon laquelle “la loi du royaume est la loi,” et il est évident que le respect de la règle de droit a permis l’intégration harmonieuse de notre communauté en Belgique, comme ailleurs.
C’est la raison pour laquelle les propositions actuelles attirent autant l’attention de ceux qui, comme nous, ont le souci d’une loi bien faite. Le CCOJB appelle donc les responsables politiques à une rigueur d’autant plus importante que le sujet est sensible, et susceptible de faire l’objet d’un contentieux important sans qu’il soit nécessaire.
]]>