De la nécessité du programme « La haine, je dis non ! »

« Quoi madame, vous êtes juive ? Vous portez une perruque ? » – « Pourquoi on n’aime pas les Juifs, madame ? » – « Tu sais, chez moi, Juif, c’est une insulte » – « Les Juifs, ils sont partout, ils contrôlent tout » – « Hé, madame, pourquoi vous parlez pas du génocide des Palestiniens ? ».

Florilège d’interventions entendues cette année dans le cadre du programme mené par la Cellule Formation Jeunesse du CCLJ dans les écoles de la Communauté française.

Si ces interpellations sont rares et plus fréquentes dans les écoles à discrimination positive, c’est parce que ces jeunes socialement défavorisés savent que leur intégration dans la société sera plus ardue que celle de leurs aînés. La réponse apportée par le repli identitaire les conforte souvent dans leur sentiment d’exclusion, et l’instrumentalisation de la cause palestinienne leur permet une identification qui supporte l’expression de leur colère. Enfin, leur représentation du « Juif » est totalement fantasmée parce qu’ils n’en rencontrent jamais. Alors, la Palestine et le Juif ont bon dos.

Aller à la rencontre de ces jeunes est donc  indispensable ! Déconstruire avec eux les préjugés, les accompagner dans leurs réflexions sans les juger, valoriser leur identité et leur histoire, leur transmettre l’histoire de l’antisémitisme mais aussi celle du conflit israélo-palestinien, s’éloigner de leur vision manichéenne du monde, développer le respect et l’écoute, ouvrir encore et toujours des portes vers l’autre, celui qui est différent. Et point de vision paternaliste dans notre démarche, l’échange est mutuel. Si nous restons enthousiastes, c’est parce que ces rencontres nous alimentent en réflexions et en interrogations qui nous obligent sans cesse à nous remettre en question. C’est cela l’éducation interculturelle. 

 

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