De quoi rabbin est-il le nom ?

Que se passe-t-il donc dans le monde rabbinique ?  D’où sortent ces gens qui braillent des discours haineux ? Quelle école a bien pu leur donner un diplôme ? Est-ce vraiment cela, l’esprit de la première religion monothéiste ?

 
« La seule manière de mener une guerre morale, c’est à la façon juive : détruire les lieux saints de l’ennemi et tuer tout le monde, hommes, femmes et enfants ». Qui dit cela ? Un rabbin du très puissant mouvement hassidique « Habad Loubavitch ». Lequel, que l’on sache, n’a pas cru bon de le désavouer. Et si seulement, c’était le seul !
 
Il y a un an, deux rabbins israéliens ont publié « L’enseignement du Roi », une sorte de guide permettant de savoir quand et pourquoi il est licite de tuer un non-Juif. Selon eux, c’est en fait absolument interdit, sauf que c’est presque toujours autorisé. 
 
Si le non-Juif viole les principales lois juives, par exemple. Ou s’il met en danger, même involontairement, des vies juives. Ou s’il constitue un danger indirect. Ou s’il appartient à une nation ennemie. Même topo pour les enfants qu’on peut tuer « s’il est clair qu’ils grandiront pour nous nuire ». Ils n’ont pas d’hôpitaux psychiatriques, en Israël ? 
 
Et quand ils ne prônent pas l’assassinat, ils font dans le racisme : le Grand Rabbin de Safed, soutenu par plusieurs centaines de ses collègues, appelle à ne plus louer d’appartements aux non-Juifs, « sinon les Arabes vont s’emparer de la ville ».
 
Même discours à Bneï Brak, la cité la plus religieuse d’Israël. Le rabbin qui en est maire ne veut plus qu’on loue à des Philippins, des « Nègres » ou d’autres réfugiés qui encombrent les rues de sa bonne ville. Qu’ils viennent y travailler, passe encore, mais y dormir, cela non.
 
Cinq cents autres rabbins ont rejoint le mouvement : ils menacent d’excommunication tout Juif qui louerait ou vendrait à un étranger. « Parce que leur mode de vie est différent, qu’ils nous persécutent et viennent s’immiscer dans notre existence ».
 
Pas en notre nom
 
Inutile de préciser que tous leurs propos sont « strictement casher » : à la moindre critique, ces saints hommes vous assomment de citations de la Torah « prouvant » le bien fondé de leurs propos abjects. Laquelle Torah a bon dos, puisque, comme dans tous les livres saints, on y trouve toujours ce qu’on cherche, le meilleur comme le pire.
 
A chacun de ces discours haineux, les laïcs israéliens, du Premier ministre au citoyen de base, s’étonnent, s’indignent, désavouent. D’autres rabbins protestent vaguement. Quelqu’un dépose plainte. La police mène une enquête. Et puis, rien. Jusqu’à la fois suivante.
 
Reste aux Juifs normaux la tâche difficile de demander au reste du monde d’éviter l’amalgame. Expliquer, répéter qu’effectivement, en ce moment, le judaïsme, comme les autres religions, est victime d’une gangrène intégriste. Que ces malades mentaux ne parlent pas au nom de la religion juive, ni des Israéliens et encore moins en celui du peuple juif. 
 
Et rappeler la « règle d’or » du judaïsme, telle qu’elle fut énoncée par Rabbi Hillel (1er siècle avant notre ère) à qui on demanda un jour de résumer la Torah, debout sur un pied. Le Sage répondit : « Ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, ne n’inflige pas à autrui ». Une phrase que ces braillards ont visiblement négligé d’étudier…
 
O.W.
 
La chute de la maison Ovadia
 
Pour ses innombrables disciples, il est LE Maître, l’autorité suprême, un « génie de la Torah », une icône, presque une idole dont les décisions sont sans appel et dont les paroles font loi. Même quand il délire.
 
Dans son domaine, Yossef Ovadia a été un homme impressionnant : il a écrit son premier ouvrage religieux à 18 ans, été ordonné rabbin à 20, il a reçu le prestigieux « Prix d’Israël » de littérature religieuse.
 
Il a été successivement Grand Rabbin de Tel-Aviv, Grand Rabbin d’Israël et est toujours le principal leader spirituel du parti ultra-orthodoxe sépharade Shass qu’il a contribué à fonder.
 
Sa connaissance de la « Halakha » (code de lois juives) est sans égal. Mais cette personnalité puissante, prestigieuse, charismatique est à présent âgée. Très âgée. Ovadia vient de fêter ses 90 ans et, d’évidence, le vieux monsieur pédale à présent dans la semoule.
 
Non qu’il n’ait jamais été très aimable envers ceux qui ne marchaient pas dans le même chemin que lui. Pour lui, les gays étaient des animaux; les femmes, des ânes; les sionistes, des singes. Quant aux parents qui envoient leurs enfants dans une école non religieuse, « ils seront punis dans ce monde et dans le monde futur ».
 
De même, son explication de n’importe quel malheur juif a-t-elle toujours été d’une simplicité… biblique. Les victimes du génocide ? Punies pour les péchés de leurs incarnations précédentes. Les soldats tués pendant la seconde guerre du Liban ? Morts à cause de leurs péchés. L’incendie du Mont Carmel ? Causé par la non-observance du shabbat.
 
Du moins, ne s’en prenait-il qu’aux Juifs. On haussait les épaules avec résignation. Qui n’a pas, parmi les siens, un vieil oncle atrabilaire qu’on ne peut empêcher de s’emporter durant le repas du shabbat ?
 
Mais voici que ces dernières années, le « dernier grand maître de sa génération » a commencé à se vautrer dans un racisme répugnant. Ainsi, l’ouragan Katrina s’est-il abattu sur la Nouvelle-Orléans parce « là-bas ce sont des Nègres qui n’ont pas de Dieu ». 
 
A ses yeux, au demeurant, les non-Juifs en général « n’ont aucune place dans ce monde – sauf pour servir le peuple d’Israël ». Dans les années 80 -avant que le ticket de sa rationalité ne soit périmé-, il était plutôt partisan d’un accord de paix avec les Palestiniens.
 
Depuis lors, il les a quelque peu pris en grippe, Mahmoud Abbas en tête : « Je souhaite qu’un fléau frappe ce mauvais homme et tout ce peuple malfaisant ». 
 
Notons que, quelques semaines plus tard, suite sans doute à d’amicales pressions des ministres de son parti, il s’est rétracté et a béni les Palestiniens ainsi que, tant qu’il y était, tous les voisins d’Israël « qui souhaitaient la paix ». Dire et se dédire, c’est toujours parler…
 
La vieillesse est bien un naufrage, comme disait le Général de Gaulle. Ceci étant, le parti Shass, qui s’octroie tant d’argent de l’Etat pour ses institutions, possède certainement une maison de retraite confortable et tranquille.
 
Ne serait-il pas temps qu’il y place son « chef spirituel » afin qu’il puisse y bavasser paisiblement – jusqu’à 120 ans, souhaitons-le, mais sans ridiculiser ni l’Etat d’Israël ni le judaïsme ?
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