Mort de Samuel Pisar, celui que « la Shoah n’avait pas brisé »
Dans son livre, « Le sang de l’espoir »*, Samuel Pisar se décrivait comme un «petit sous-homme que les nazis avaient condamné à mourir» Et, pourtant, par un mélange de volonté et de chance, il survécut au pire qui pouvait être infligé à un enfant de 12 ans.
Au ghetto de Bialystok, sa ville natale, où il fut enfermé avec sa famille. A la déportation de 1941 dont ne revinrent ni ses parents ni sa sœur cadette. Aux camps de Majdanek, Auschwitz et Dachau. Aux terribles « marches de la mort » de 1945.
Libéré, il erre durant deux ans dans une Allemagne en ruine. Puis une branche de sa famille installée en Australie, le recueille. Il y fait de brillantes études de droit puis un doctorat à Harvard, aux États-Unis.
En 1959, John Fitzgerald Kennedy l’enrôle dans son équipe de campagne puis il en fit un de ses principaux conseillers en économie. Par la suite, S. Pisar devint un grand avocat international, spécialisé dans la négociation de contrats commerciaux avec l’Union soviétique.
Mais le matricule B-1713 n’oublia jamais l’enfer auquel il avait survécu. Lui que, disait-il la Shoah avait «plié» sans le «briser» fut le président fondateur du comité français de l’Institut Yad Vashem
Et aussi ambassadeur de l’Unesco pour l’enseignement de la Shoah et des génocides. Il consacra de nombreux livres à l’espoir qu’il conservait, malgré tout, en la nature humaine Samuel Pisar est mort ce 28 juillet à New York. Il avait 86 ans.
*« Le sang de l’espoir » (1979). Le Livre de poche » no 5937
Mais d’où viennent donc les noms des Juifs d’Afrique du Nord ?
Les internautes fidèles (mais en est-il d’autres ?) se souviennent certainement d’un article de janvier 2014, titré « De quoi un nom est-il le Juif ? »* consacré à l’origine des noms ashkénazes.
Grâce au souvent intéressant harissa.com **, site de référence des Juifs tunisiens, en voici un sur les noms des Juifs d’Afrique du Nord. Et des plus complets, on vous prie de le croire. Cela commence avec « ABBOU ou ABOU ou BENABOU » qui est « soit un nom de tribun marocaine (« abbu ») soit un diminutif berbère
Et cela ne s’arrête pas avant « ZRIBI » un nom dérivé de l’arabe zriba (« enclos ») Et, entre les deux, tout le reste, le vôtre, celui de vos amis, le mien (mes amis non vouss-vouss m’ont nommé « schwartzè d’honneur » . Bref, un article immanquable.
* http://www.cclj.be/actu/judaisme-culture/quoi-nom-est-il-juif
**http://www.harissa.com/news/article/les-noms-de-famille-des-juifs-dafrique-du-nord-et-leur-origine
Les fils (rêvés) de J.-M. Le Pen
Il n’a pas une minute à lui, le père Le Pen. Il y a les procès qu’il intente –et gagne- contre son parti, le FN et surtout contre sa fille, Marine. Il y a celui qu’il va subir bientôt pour avoir encore une fois radoté que les chambres à gaz nazies étaient un « détail de l’Histoire ».
Et qu’il va perdre, comme les quatre autres fois où il l’a dit depuis 1987. Mais, aussi longtemps que cela incitera les médias à parler de lui, il est prêt à le répéter. En attendant, il a aussi fêté ses 87 ans. Sans ses trois filles, Marie-Caroline, Yann, Marine ni sa petite-fille préférée, Marion.
Ah, si seulement le Destin lui avait accordé un fils ! Car, aux yeux du vieux soudard, il est de la nature des femmes de trahir leur père dès qu’elles passent sous l’influence d’un autre homme, mari, amant voire, comme pour Marine, tantouze, tel le détesté Philippot.
Alors, pour son anniversaire, il a invité ses deux fils rêvés: le premier, Alain Soral, est comme lui, un raciste avéré et un antisémite effréné. Le second, Dieudonné lui ressemble aussi par sa pingrerie et son habitude de tondre avec système les poires qui croient en lui.
Comme dit ce proverbe, aussi français que Jeanne la bonne Lorraine : « On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille »…
Les États-Unis libèrent Jonathan Pollard
Arrêté en 1995, Jonathan Pollard, un Juif texan fut condamné deux ans plus tard à la prison à perpétuité pour espionnage en faveur d’Israël. Une peine exceptionnelle pour ce type de délit et surtout un rude « message » envoyé à l’ami israélien pour leur faire part de la colère des États-Unis.
De fait, aucun président américain n’accepta de le gracier, qu’il soit républicain, comme Reagan et les Bush, père et fils ou démocrate (Clinton, Obama), ils rejetèrent les demandes pressantes des gouvernements israéliens comme les manifestations de divers groupes de pressions.
Il faut dire que la droite israélienne n’a pas aidé en en cherchant à transformer celui que les Américains considèrent comme un traître en un “héros” tombé “pour la sécurité d’Israël” voire un “martyr” du judaïsme.
Et comme les relations entre Washington et Jérusalem n’ont cessé de se détériorer ces dernières années, Jonathan Pollard aura en definitive passé trente ans en prison avant que les Américains n’acceptent de le remettre en liberté le 21 novembre prochain.
J. Pollard aura alors 61 ans. Et, bien que le fait soit démenti par les deux parties, il s’agit clairement d’un des gestes destinés à adoucir autant que faire se peut l’amère pillule de l’accord nucléaire américano-iranien.
«Le bagel ? Un trou avec du pain autour »
Il faut le savoir, le bagel (que ceux qui parlent le vrai yiddish, celui de Lodz, appellent « beigèlè ») n’a pas toujours été la vedette incontestée des casse-croûtes qu’il est aujourd’hui. C’est ce que rappelle, non sans une pointe de sarcasme, le New York Times en republiant un article de 1946.
En fait, le texte parlait d’une certaine Helen Harris, qui présidait alors une association de défense des consommateurs du Bronx et qui entendait protester contre une décision du gouvernement féderal de laisser les boulangers réduire la taille d’une miche de pain.
Elle avait donc envoyé des beigèlè à tous les ministres de Washington avec une lettre expliquant : «Un bagel, c’est un trou avec du pain autour, Encore une coupe dans la taille du pain et ce bagel représentera la taille d’une miche au prix actuel.»
De son côé, le quotidien expliquait à l’intention de ses lecteurs ignorant la gastronomie juive que les bagels étaient «de petits pains juifs durs avec des trous au centre». Ah, la férocité de l’antisémitisme qui règnait à l’époque, on a peine à l’imaginer de nos jours…
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