Le Bureau central des statistiques d’Israël vient de publier ses données 2012 sur la population israélienne. De bons chiffres. Si on ne prend pas en compte le bouleversement démographique que crée l’annexion rampante de la Cisjordanie.
En ce début d’année 5773, le pays d’Israël compte 7.933.200 habitants : 5.978.600 Juifs (75,4%), 1.636.600 Arabes (20,5%), et 4,1% (318.000) « d’Autres » : Druzes, Circassiens, etc. A qui s’ajoutent 203.000 travailleurs étrangers.
En 2011, les taux de croissance ont été les mêmes qu’en 2010 : + 1,8 % pour les Juifs, + 2,4 pour les Arabes. Globalement, la population est plus jeune que dans les autres pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).
Le nombre total d’enfants israéliens de 0-14 ans est de 28,2% et celui des + 65 ans de 10,3% contre 18,5% et 15% chez le reste des Etats membres. Quant aux Israéliens de 75 ans et plus, ils sont passés de 3,8% en 1990 à 4,8% de la population en 2011.
A noter aussi que les gens se marient de plus en plus tard : chez les Juifs, 64,5% des hommes et 46,1% des femmes de la tranche d’âge 25-29 ans sont encore célibataires. Chez les Arabes, les chiffres sont de 44,5% des hommes et 19% des femmes.
166.296 enfants sont nés en Israël en 2011. Le nombre moyen d’enfants chez les Juifs est de 2,9 (stable) et en baisse chez les Arabes (3,51 enfants par femme en 2011 pour 3,75 en 2010). Les femmes juives ont, en moyenne, leur premier enfant vers 28 ans, les femmes arabes à 23.
De façon globale, l’espérance de vie a augmenté en dix ans de 2,7 années chez les hommes (80 ans) et de 2,4 ans chez les femmes (83,6 ans) en dix ans. Dans le même laps de temps, le taux de mortalité infantile est tombé de 5,1 à 3,5.
En bonne logique, le nombre de « Sabras », les Juifs nés en Israël, ne cesse de s’accroître : de 35% en 1948, il est passé à 73% aujourd’hui. De son côté, s’il est toujours faible, en 2011, le taux d’immigration a augmenté d’1,5% par rapport à l’an précédent, soit 16.892 « olim ».
Dans le détail : 3.678 sont venus de Russie, 2.666 d’Ethiopie, 2.363, des Etats-Unis, 2.051 d’Ukraine et 1.775 de la France. D’un point de vue juif et sioniste, tout va donc bien en matière démographique.
Les Juifs forment une nette majorité dans leur pays, leur nombre d’enfants est plus que satisfaisant, la population est jeune et dynamique. Evidemment, la perspective change si l’on prend en compte la volonté à peine dissimulée de l’actuel gouvernement d’annexer la Cisjordanie.
Dès lors qu’il n’y aura plus, de facto, qu’un Etat entre la Méditerranée et le Jourdain, il faudra ajouter aux chiffres précédents les 2,5 millions de Palestiniens des territoires occupés. Une population encore plus jeune que celle d’Israël.
Selon le Bureau palestinien de statistiques, le nombre des enfants de 0-14 ans s’élève à 37,3%. Et, même si, comme dans tout le monde arabe, le taux de fécondité des femmes palestiniennes est en baisse, elles ont toujours 4,6 enfants en moyenne…
Dans ces conditions, on ne peut que se demander pourquoi la droite et de l’extrême droite juives veulent à toute force remplacer le sain et vivace Israël d’aujourd’hui par un Etat binational à majorité arabe…
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