Trois mille personnes se sont réunis ce samedi 15 mai place de l’Albertine à Bruxelles pour exprimer leur solidarité aux Palestiniens dans des termes très islamiques et avec des appels à la haine d’Israël et des Juifs.
Il y a deux jours, le président de Centre communautaire laïc juif (CCLJ), Benjamin Beeckmans, avait exprimé son malaise et ses craintes concernant l’organisation de cette manifestation propalestinienne à Bruxelles.
Avec lucidité et clairvoyance, il a pointé les inévitables appels à la haine qui risquaient d’être lancés dans ce contexte électrique : « Je crains ce que l’on y verra. Je crains que l’on y voie sous des formes multiples des appels à la haine, soyons précis à la haine des Juifs et peut-être même des actes de violence. Ce ne serait malheureusement pas la première fois. Je crains que l’on y entende des appels au meurtre de citoyens belges, sous prétexte qu’ils seraient sionistes, juifs ou simplement parce qu’ils veulent être des ambassadeurs de nuance quand tout autour incite à la radicalisation des postures ».
Tout ce qu’il craignait s’est produit. Au-delà des « Palestine vaincra », et « Israël casse-toi, la Palestine n’est pas à toi », de nombreux jeunes manifestants ont sans cesse hurlé « Allahu Akbar » « Khaybar! Khaybar! Ya Yahoud », en référence à la bataille au cours de laquelle Mahomet et ses armées ont décimé une localité juive en 628. Ces deux slogans peu pacifiques étaient d’ailleurs souvent repris en écho par d’autres manifestants.
Les calicots des manifestants n’étaient guère plus pacifiques puisqu’Israël et les « sionistes » y étaient clairement nazifiés : « Stop génocide à Gaza », « Arrêtez de faire ce qu’Hitler vous a fait », « les nazis sont toujours là, ils sont appelés sionistes maintenant », ou encore, « ce n’est pas une guerre, c’est un génocide ».
Quant à savoir si cette masse majoritairement jeune s’inscrit dans une dynamique pacifiste, leur vision d’une Palestine libérée et indépendante ne se réalisera que « de la rivière [Jourdain] à la mer ».
Les messages enflammés et irresponsables publiés sur les réseaux sociaux par une présidente de parti ont incontestablement trouvé leurs destinataires. Ces derniers n’ont pas hésité à leur donner une traduction concrète lors de cette manifestation d’un genre nouveau. Prise en main et portée par une masse de jeunes arabo-musulmans peu politisés mais chauffés à blanc par des messages haineux qu’ils ont glanés sur les réseaux sociaux, ce type de manifestation laissait peu de place aux slogans traditionnelles des organisations historiques impliquées dans cette cause.
Cette dérive inquiétante doit être prise au sérieux par le monde politique et le milieu associatif car ce terreau de haine ne peut être celui sur lequel doit se bâtir une société bruxelloise multiculturelle, tolérante et symbole de vivre-ensemble.
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