Des colons de Hébron évacués par la police israélienne

Les forces israéliennes ont évacué vendredi dans le calme des dizaines de colons israéliens qui s’étaient installés dans deux immeubles de Hébron dont ils revendiquent la propriété.

Quatre-vingts personnes ont été évacuées, et les maisons ont été fermées, a dit un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld. Les policiers ont dû soulever certaines personnes récalcitrantes pour les sortir des immeubles, mais la plupart ont quitté les maisons sans opposition et ont transporté leurs effets personnels dans des voitures sous l’œil des militaires.

Cette évacuation a provoqué de vifs remous au sein de l’étroite majorité gouvernementale du Premier ministre Benjamin Netanyahou, à laquelle les supporteurs de la colonisation prennent une part importante.

Des dizaines d’Israéliens s’étaient installés jeudi dans deux bâtiments qu’ils affirment avoir achetés dans le centre historique de Hébron. Leur arrivée a provoqué des heurts avec les Palestiniens.

L’installation de colons israéliens au milieu de la population palestinienne est extrêmement controversée, a fortiori à Hébron, poudrière du sud de la Cisjordanie où environ 500 colons vivent retranchés sous haute protection des forces israéliennes parmi 200.000 Palestiniens.

Hébron, la plus grande ville du territoire palestinien, est sacrée à la fois pour les Juifs et les musulmans qui y révèrent Abraham et les patriarches, enterrés dans un monument appelé Tombeau des Patriarches par les Juifs, mosquée d’Ibrahim par les musulmans.

Les deux immeubles concernés sont situés près du site sacré.

Yishai Fleisher, un porte-parole des colons à Hébron, a affirmé que les deux immeubles qui étaient vides avant l’arrivée des colons, avaient été achetés légalement à leurs propriétaires palestiniens.

Le ministère israélien de la Défense a répondu que les colons n’avaient pas les autorisations requises pour s’y installer. « La loi a été grossièrement bafouée », a dit le ministre de la Défense Moshé Yaalon dans un communiqué. « Pour entrer dans une maison en toute légalité, il y a des actions à entreprendre et aucune d’elles n’a été entreprise. Les squatters ont donc été expulsés ».

Il a indiqué que les revendications de propriété des colons seraient examinées, mais que les autorités soupèseraient aussi les implications sécuritaires et politiques avant de donner ou non leur accord à l’occupation des lieux.

Le Foyer juif, parti nationaliste religieux, porte-voix du mouvement colon et un des partenaires de la coalition gouvernementale, a vivement réagi. Il a dénoncé dans un communiqué « la détermination dont fait preuve le ministre de la Défense pour expulser des juifs de leurs maisons au lieu d’employer cette détermination à lutter contre le terrorisme ».

Deux du Likoud et un du Foyer juif, ont annoncé qu’ils ne participeraient pas aux votes à la Knesset avec la coalition tant que les colons ne seraient pas autorisés à séjourner dans ces immeubles. Cette situation fragilise le gouvernement de Benjamin Netanyahou qui ne dispose que d’une voix de majorité au Parlement.

Hébron a concentré une grande part des violences qui secouent la Cisjordanie, Jérusalem et Israël depuis le 1er octobre 2015. Selon un décompte de l’AFP, 155 Palestiniens et 24 Israéliens y ont péri. La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d’attaques contre des civils ou des membres des forces israéliennes, commises principalement à l’arme blanche.

 

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