Un réseau de Juifs Européens pour une Paix Juste s’est constitué à Bruxelles à l’initiative de 17 organisations juives, dont l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB). Etrange irruption d’une nouvelle structure juive européenne militant pour la paix au Proche-Orient. Elle ne peut que déconcerter un nombre considérable de Juifs qui soutiennent la paix entre Israéliens et Palestiniens au nom de l’idéal sioniste.
Lors de cette réunion, ces 17 organisations ont réclamé la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël et ont également rappelé que le principe du droit au retour des réfugiés palestiniens en Israël doit être reconnu. Elles reprennent à leur compte des exigences qui sont formulées par ceux qui n’ont jamais accepté la légitimité d’Israël et de son fondement idéologique, le sionisme.
De nombreuses personnalités israéliennes de gauche ont déclaré à maintes reprises que la reconnaissance du droit au retour des réfugiés palestiniens est une revendication qui vise à substituer à l’Etat d’Israël une nouvelle entité où les Juifs deviendraient une minorité religieuse. Ce serait donc la fin de l’Etat juif. En préconisant ce droit au retour, ces Juifs européens cautionnent l’idée fausse selon laquelle la paix ne se fera qu’entre patriotes palestiniens et Juifs antisionistes.
La suspension de l’accord d’association est également une initiative qui tend à diaboliser Israël. Cet accord comprend de nombreuses dispositions dont un volet important consacré à la coopération universitaire et scientifique. Dès lors, la suspension de cet accord a entre autres pour effet de sanctionner sévèrement le monde académique israélien qui s’est depuis longtemps distingué par son engagement actif dans le dialogue et la coopération avec les Palestiniens. En préconisant le boycott des universitaires israéliens, l’UPJB et ses amis se trompent de cible car Ariel Sharon, qui n’a aucune sympathie pour ces professeurs israéliens, n’est absolument pas touché par cette mesure. Mais c’est aussi faire preuve d’hypocrisie car cette menace de boycott scientifique ne plane pas sur les universitaires américains, turcs, tunisiens, algériens, égyptiens… Faut-il donc en déduire que ces pays respectent scrupuleusement les droits de l’Homme?
Don’t say you didn’t know! (Ne dites pas que vous ne saviez pas!) a été scandé à plusieurs reprises pour dénoncer l’occupation lors de cette rencontre européenne. L’utilisation contre Israël d’un slogan répété lors des commémorations de la Shoa est un procédé abject qui n’est appliqué que par ceux qui veulent détruire cet Etat. Le soutien à la cause palestinienne et la dénonciation de l’occupation israélienne ne légitiment pas tout. De plus, certaines formes de soutien rendent tout retour aux négociations impensable.
Enfin, ces progressistes juifs européens n’ont pas mentionné dans la liste du camp de la paix le mouvement le plus important en Israël : Shalom Archav. Comment expliquer cette scandaleuse omission? Ce mouvement qui milite depuis 25 ans pour la restitution des Territoires occupés et contre l’occupation a peut-être commis l’irréparable aux yeux de ce réseau juif européen : en affichant fièrement son attachement à Israël, Shalom Archav apporte en fait la preuve que l’on peut plaider la cause palestinienne tout en étant sioniste.