Diane Culer : ‘Je ne suis fâchée avec personne’

La présidente du Cercle Ben Gourion (CBG)-Radio Judaïca, Diane Culer, a remis sa démission ce 17 décembre 2014, après avoir passé six années à la tête de cette institution communautaire. Une expérience passionnante, même si elle n’a pas toujours été facile. Elle revient avec nous sur ce qu’elle en retiendra, ses hauts, ses bas, et ses projets pour l’avenir.

Pourquoi avoir décidé de passer la main ?

Mon point de vue est qu’il y ait du sang neuf régulièrement dans les institutions. Je n’ai jamais souhaité m’installer ad vitam dans ce poste. Ce sont des institutions qui ne sont pas faciles à gérer et des idées neuves ne peuvent être que bénéfiques à l’organisation. Cela fait un an et demi en réalité que j’ai pris cette décision, mais il faut admettre que les candidats ne se bousculent pas aux portillons pour prendre des responsabilités. Cela a pu se faire cette fois-ci et j’ai donc cédé mon mandat à Miko Israël, l’actuel président de la synagogue séfarade, un ancien de la communauté juive de Rhodes, que j’apprécie beaucoup. Il y a également un groupe de jeunes qui a travaillé sur un projet de radio et viendra rejoindre le conseil d’administration dans les mois à venir.

De quoi êtes-vous le plus fière dans vos réalisations au cours de ces six années de mandat ?

On est parvenu à moderniser la gestion de l’institution, on en a fait une gestion tout à fait saine et transparente. Si cela reste aujourd’hui compliqué sur le plan de l’apport financier pour faire fonctionner l’organisation au jour le jour, l’asbl en elle-même est saine. Côté radio, on a développé des outils supplémentaires de diffusion. Quand je suis arrivée, il y avait uniquement le 90.2 sur la bande FM et le site internet. Aujourd’hui, la radio est reprise dans le bouquet de base de VOO et de Telenet, et en voie de l’être aussi par Proximus, ce qui permet une diffusion sur l’ensemble de la Belgique. Ma plus grande fierté est que la radio ait continué à émettre 7 jours sur 7, 24h sur 24, sans la moindre interruption.

Vous avez évoqué dans un communiqué « un parcours semé d’embûches », que n’êtes-vous pas parvenue à faire comme vous le souhaitiez ?

Nous voulions revitaliser le cercle communautaire, mais nous avons joué de malchance, avec de graves dégâts dans le bâtiment, à tel point que nous n’avons plus pu l’utiliser pour des raisons de sécurité, les pompiers nous ont interdit d’exploiter les locaux. La Centrale des Œuvres juives, qui est propriétaire, ne voulait plus investir pour remettre le bâtiment aux normes, nos grandes activités ont dû être interrompues il y a trois- quatre ans et se tenir à l’extérieur. Le mouvement de jeunesse, le Dror, que nous hébergions a lui aussi dû déménager. Seule la radio, à l’étage, est toujours chaussée de Vleurgat.

Votre plus grand regret ?

Que notre déménagement n’ait pas pu se faire. J’avais décidé de prolonger mon mandat d’un an, parce qu’on était sur le point d’y arriver. On avait finalisé tous les plans avec l’architecte pour le plateau que l’on avait trouvé rue de Stalle, à Uccle, mais la vente de la chaussée de Vleurgat à un promoteur immobilier a capoté. Or, c’est une partie du produit de cette vente qui devait servir à racheter un bien pour le CBG, avec une place pour la radio. Tout a donc été bloqué du côté de la Centrale. On n’avait encore rien signé, mais on était allé très loin, et la situation des nouveaux locaux était idéale, en face d’un bâtiment qui accueillera bientôt des bureaux de la maison communale.

Qu’est-ce qui a été le plus compliqué ?

Sur le plan de l’institution, l’argent. Sur le plan personnel, la critique de ceux qui ne font rien et qui se basent sur des rumeurs. C’est la maladie de cette communauté juive bruxelloise. Notre communauté est divisée, et c’est dommage que dans des moments comme ceux que nous connaissons actuellement, on ne soit pas plus soudés, même en ayant des idées différentes. On ne demande bien sûr pas que tout le monde pense la même chose.

Vous est-il arrivé de penser à tout arrêter ?

Il y a eu des moments difficiles, l’épisode avec Betty Dan notamment. Quand elle a pris sa pension et que nous l’avons laissée partir, nous avons dû faire face à beaucoup de méchanceté d’un grand nombre de personnes, mais je ne suis pas certaine que ce soit constructif de reparler de tout ça. Je n’ai pas pensé arrêter, non, mais dire que j’y ai été imperméable, ce n’est pas vrai. Comme tous les gens qui militent de manière bénévole et qui ne le font pas pour un égo personnel, cela se fait tout de même au détriment d’un tas de choses, la famille, le travail… et se faire violemment critiqué, comme le sont aussi les autres présidents d’associations, ça fait mal.

Quels sont les projets du Cercle Ben Gourion ?

Le CBG reste provisoirement où il est, mais sans locaux. On espère que ce n’est que l’affaire de quelques mois. Pour l’instant, les activités se feront donc dans d’autres installations. La nouvelle équipe trouvera d’autres manières de redynamiser les activités dès le printemps, notamment de fundraising pour sécuriser financièrement cette année. La relance de Contact J n’est pas actuellement à l’ordre du jour.

Et sur le plan personnel ?

Je vais m’occuper de mes enfants et de mes petits-enfants. Je suis aussi conseillère communale à Uccle, conseillère de police, je suis présidente de l’Agence immobilière sociale uccloise, un mandat qui m’intéresse beaucoup et est très prenant. J’ai d’autres projets, mais qui ne sont pas encore assez développés pour en parler.

Le communautaire, c’est fini ?

Pour l’instant. Je trouve que c’est la nouvelle génération qui doit monter. Mais je ne suis fâchée avec personne et je donnerai un coup de main si on me le demande.

Lire le droit de réponse de Betty Dan

Lire aussi l’interview de Miko Israël, nouveau président du Cercle Ben Gourion-Radio Judaïca.

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