Didier Reynders : ‘Mahmoud Abbas veut aller au bout des négociations’

Quelques jours après le passage de l’émissaire américain John Kerry dans la région, le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères belges Didier Reynders a rencontré le Président palestinien Mahmoud Abbas qui lui répété qu’il souhaitait aller au bout des négociations, avec une solution politique pour le mois d’avril. Un nouvel espoir de paix qui parvient difficilement à masquer la morosité ambiante.

Pour sa première mission en Israël depuis sa prise fonction comme ministre des affaires étrangères (son troisième voyage en Israël en réalité), entouré d’une lourde délégation, d’une équipe de presse et des présidents du CCOJB et du FORUM, Didier Reynders a visiblement voulu miser sur l’optimisme. L’énergique poignée de main avec le Président palestinien Mahmoud Abbas à Amman donnant rapidement le ton du voyage.

« Le Président palestinien veut aller jusqu’au bout des négociations lancées par John Kerry », a-t-il affirmé à l’issue de son entretien avec Mahmoud Abbas, le ministre des affaires étrangères palestinien Malki et le négociateur de paix Erekat. « Côté palestinien, Mahmoud Abbas reste le patron des opérations et se dit soutenu par 70% de la population, y compris à Gaza. Il faut donc continuer de soutenir le processus et tenter de traduire les discussions actuelles en une solution à deux Etats, en évitant toute action unilatérale et quel que soit le rôle du Hamas. Il est clair que la situation et la montée des extrémismes dans le reste de la région a de quoi faire réfléchir ».

Les dernières semaines et la reprise de constructions israéliennes dans les colonies au lendemain de la libération de 26 prisonniers palestiniens, suivies de déclarations palestiniennes internes des plus pessimistes évoquant jusqu’à une suspension du processus avaient clairement jeté un discrédit sur les négociations en cours. Raison pour laquelle l’émissaire américain John Kerry avait jugé utile de faire le déplacement. « Le projet d’aboutir a un accord après neuf mois peut paraitre long » a rappelé le ministre Didier Reynders hier soir à ses concitoyens lors d’une réception à la Résidence du consul belge à Jérusalem. « Mais si les négociations avancent bien, cela vaudra peut-être même la peine d’attendre un dixième mois de plus. Certains pays ont besoin de 500 jours pour trouver un compromis ! Et puis quelle sont les autres possibilités ? Le calme actuel est impressionnant, nous espérons qu’il se poursuivra pour ne pas vivre un conflit gelé et voir la réapparition des violences ».

Le ministre Didier Reynders a insisté sur l’accompagnement nécessaire de la solution à deux Etats par la création de développement économique, en annonçant pour le premier trimestre 2014 la tenue à Bruxelles d’une conférence pour attirer les investisseurs privés européens dans la région. Mahmoud Abbas a déjà assuré le ministre belge de la participation de son gouvernement.

Si l’on veut croire comme la communauté internationale à une nouvelle chance de paix, l’optimisme de Didier Reynders peine à masquer toutefois le découragement des Israéliens comme des Palestiniens qui ne relèvent même plus cette énième tentative de résolution du conflit. « Si les Palestiniens savent que c’est leur dernière chance, ils sont en même temps persuadés déjà que cela n’aboutira pas. La seule question qui demeure est laquelle des deux parties quittera les négociations avant leur terme » nous confiait une résidente belge à Naplouse.

Entre discours politiques, poignées de main officielles et témoignages de terrain, difficile de faire la part des choses. Vu la complexité de la situation, le ministre Didier Reynders a en tout cas compris que son voyage devait être parfaitement équilibré. Après deux jours de rencontre avec les représentants palestiniens, il devrait donc rencontrer son homologue fraichement réinstallé Avigdor Lieberman, le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le Président israélien Shimon Peres.

Nouveau statut diplomatique
Lors de son entrevue avec Mahmoud Abbas, le Président palestinien a en outre marqué son accord avec la proposition du ministre des Affaires étrangères, au nom du Gouvernement belge, de rehaussement du statut de la Délégation générale palestinienne auprès de la Belgique, du Luxembourg et de l’Union européenne. Celle-ci devient la « Mission de Palestine ». Le chef de mission, Leila Shahid, portant désormais le titre d’Ambassadeur.

 

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