Doublé gagnant français pour le Prix Dan David 2013

C’est sans doute l’un des trophées académiques les plus convoités du moment. Il a déjà récompensé le Vice-Président américain et Prix Nobel de la Paix Al Gore (2008), l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair (2009) ou encore l’auteur israélien Amos Oz (2008).

Doté de trois prix d’une valeur de 1 de million de dollars chacun, le prix Dan David sera remis ce dimanche 9 juin 2013 à cinq lauréats, dans l’enceinte de l’Université de Tel-Aviv. Une fois n’est pas coutume – la chose s’est déjà produite une fois en 2007 (*), le prix qui a soufflé l’an passé ses dix bougies, récompensera deux éminents universitaires français : le philosophe Michel Serres et l’économiste Esther Duflo.

Professeur à l’Université de Stanford (en Californie) et à Paris 1, Michel Serres a reçu ce prix dans la catégorie « Présent – Idées, intellectuels et philosophes contemporains ». L’un des plus importants philosophes français modernes, l’auteur de Petite Poucette (son dernier ouvrage paru aux éditions Le Pommier), est récompensé « pour sa connaissance profonde de la tradition occidentale philosophique et scientifique et pour sa réflexion sur une vaste série de questions actuelles ».

Installée aux Etats-Unis, la jeune économiste Esther Duflo de l’Institut de Technologies du Massachusetts (MIT) remporte le prix dans la catégorie « Futur-Médecine préventive ». Réputée pour ses travaux autour de la lutte contre la pauvreté, cette normalienne qui a cofondé le laboratoire Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab (J-PAL) vient d’être nommée par le Président Obama membre du Conseil présidentiel pour le développement global. Elle est titulaire de la John Bates Clark Medal (en 2011), décernée au meilleur économiste de moins de 40 ans. Nominée dans la catégorie « Avenir », elle partagera son prix avec l’épidémiologiste Alfred Sommer.

Le prix Dan David, du nom de l’homme d’affaires et philanthrope Dan David, décerne chaque année trois prix : l’un pour une réalisation exceptionnelle du passé, l’autre du présent et le troisième du futur. Les gagnants doivent consacrer 10% du montant de leur prix à l’aide des étudiants de troisième cycle jusqu’à l’obtention de leur diplôme dans leurs propres domaines de compétence, tant en Israël qu’à l’étranger.

Parmi les autres lauréats de l’édition 2013 figure l’américain Leon Wieseltier, éditeur de la revue The New Republic. Ecrivain prolifique depuis plus de trente ans, tant dans le domaine de la fiction que dans les essais, il a écrit sur la relation complexe entre Israël et les Etats-Unis. Favorable au soutien des rebelles syriens, Wieseltier a aussi été un des premiers à appeler à l’intervention étrangère pour arrêter le génocide bosniaque dans les années 1990.

Dans la catégorie « Passé », le prix sera attribué au professeur Sir Geoffrey Lloyd de l’Université de Cambridge, un historien de la philosophie de la Grèce antique. Sa recherche montre les apports de la science et de la médecine développée dans la Grèce antique. Lloyd a aussi enrichi le champ d’investigation des idées de l’Histoire en appliquant à son travail un large éventail de recherches; sociale, anthropologique et de l’histoire générale. Ces dernières années, il a fait la recherche comparative sur la science grecque et chinoise.

Enfin, il est à noter qu’au sein du conseil du prix Dan David siègent pas moins de trois membres tricolores : l’historienne Hélène Carrère-d’Encausse (depuis sa création en 2002), le chimiste Jean-Marie Lehn (depuis quatre ans) et tout récemment, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti.

* Cette année-là, les deux lauréats français étaient le compositeur de musique contemporaine Pascal Dusapin et l’historien Jacques Le Goff.

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