Trois quadras, dont l’ex-directeur de La Paix Maintenant, briguent la tête du parti qui organise ses premières « primaires » ouvertes, le 22 mars prochain.
Le Meretz pourra-t-il enrayer son déclin avec du sang neuf ? Le parti de la gauche radicale israélienne semble en tout cas séduire les jeunes activistes. La formation, qui n’a décroché que cinq sièges à la Knesset (sur 120 députés) lors des élections de 2015, et vient d’annoncer qu’elle organiserait pour la première fois de son histoire des « primaires » ouvertes le 22 mars prochain, a déjà suscité cinq candidatures.
Après Zehava Galon (62 ans), qui avait démissionné de la tête du parti pour initier ce système de primaires plus direct, et Ilan Gilon (61 ans), un autre membre de la Knesset et chef de la faction Meretz, trois jeunes quadras se sont lancés dans la course : l’activiste social Avi Dabush, passé par les rangs du New Israel Fund et de l’ONG Shatil, la parlementaire du Meretz, Tamar Zandberg, et Avi Buskila, le directeur sortant de La Paix Maintenant.
Dans un post publié dimanche 14 janvier sur Facebook, Avi Bouskila a fait savoir qu’il démissionnait du mouvement La Paix Maintenant afin de briguer le poste à nouveau convoité par Zehava Galon. « Ce n’était pas une décision facile. J’ai réalisé qu’il était de mon devoir faire tout mon possible pour que moins de familles perdent des vies et soient détruites par des guerres qui n’ont pas de sens », a-t-il écrit. Avant de poursuivre : « Nous, au sein de Meretz, pouvons et devons, prendre les rênes, infliger une défaite au nationalisme et créer une forte réalité démocratique pour Israël ».
En annonçant jeudi dernier sa candidature, Tamar Zandberg avait quant à elle déclaré que « le parti Meretz a besoin d’un nouveau départ, d’un nouvel esprit et d’un nouveau leadership ». Celle qui vient de recevoir le soutien de l’ex-dirigeant du parti de la gauche radicale et ancien ministre de la Justice, Yossi Beilin, a ajouté que son ambition était de sortir le Meretz de sa torpeur, et de lui faire franchir le cap des dix sièges aux prochaines élections, un objectif qui n’a pas été atteint depuis quinze ans.
Avi Buskila, qui avait pris la direction de La Paix Maintenant en octobre 2016, avait pour sa part bousculé le profil type des précédents responsables du mouvement. Né de parents juifs marocains, décoré par Benjamin Netanyahou en 1997 pour avoir sauté sur un terroriste juif qui voulait mitrailler la foule arabe à Hébron, cet ancien commandant de l’armée israélienne avait été présenté lors de sa nomination, comme « le strict opposé d’un leader de gauche en Israël », par le quotidien populaire Yedihot Aharonot.
De son côté, Zehava Galon a appelé les membres du Parti travailliste à rejoindre les rangs de Meretz, afin de bâtir le camp de la gauche. En faisant valoir que le nouveau chef de file des travaillistes, Avi Gabbay, multipliait les déclarations pour séduire le centre droit. Notamment lorsqu’il s’est engagé à ne pas démanteler les colonies juives dans le cadre d’un futur accord de paix.
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