Elio Di Rupo : ‘J’ai voulu exprimer l’inverse de ce que professent certains semeurs de haine’

En réaction à l’article de Guy Wolf revenant sur les déclarations d’Elio Di Rupo « Je suis Charlie, je suis juif, je suis palestinien… », lors d’une conférence de presse sur la lutte contre le terrorisme et le radicalisme le 14 janvier 2015, le président du PS nous demande de publier son droit de réponse.

Cher Monsieur,

Votre courriel a retenu toute mon attention.

Je regrette que mes propos aient pu susciter une incompréhension et vous blesser. J’espère que notre échange sera de nature à vous rassurer.

La réponse à votre interrogation se trouve dans les déclarations que j’ai faites lors de ma toute récente conférence de presse sur la lutte contre le terrorisme et le radicalisme.

J’y ai rappelé avec force que :

–          Il est intolérable que dans une démocratie, des citoyens soient pris pour cibles ou se sentent en insécurité uniquement parce qu’ils sont juifs. La responsabilité des autorités belges est de leur assurer une protection à la mesure du risque et de l’enjeu qu’ils représentent pour la défense de nos valeurs démocratiques.

–          La lutte contre l’antisémitisme doit être une cause nationale.

Je n’ai jamais cessé, au fil de mon engagement politique et à travers les diverses fonctions que j’ai occupées (vous pouvez trouver ici, en cliquant sur les liens, mes discours à la Caserne Dossin de Malines, à Auschwitz, au diner du CCOJB) de rappeler à quel point il était insupportable que les citoyens belges et européens de confession juive soient pris pour cibles parce que juifs.

Que rien ne peut le justifier. Que c’est le cœur de nos démocraties qui est ainsi visé à chaque attaque antisémite.

J’ai aussi eu l’occasion de rappeler que la Belgique avait un devoir particulier de protection à l’égard de ses concitoyens juifs, au regard de la déportation des Juifs de Belgique vers les camps de la mort. Non seulement la Belgique avait failli dans la protection de ses enfants, mais ses autorités avaient même pu être complices à des degrés divers.

L’antisémitisme doit être mis au ban de la démocratie. Aucune cause, aucune frustration ne peut l’excuser ni constituer une quelconque circonstance atténuante.

Trop souvent, le combat légitime pour un Etat palestinien et la résolution du conflit israélo-palestinien est instrumentalisé par les fanatiques pour nourrir l’antisémitisme, la haine, les amalgames, le ressentiment à l’égard des Juifs.

A travers mes propos, j’ai voulu exprimer qu’à l’inverse de ce que professent certains semeurs de haine, il n’y a aucune contradiction à condamner durement l’antisémitisme ET à être partisan de la création d’un Etat palestinien coexistant de manière pacifique avec l’Etat d’Israël. 

J’espère avoir pu répondre à vos interrogations et je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’assurance de mes sentiments très cordiaux.

Elio Di Rupo

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