Elyahou Ben Shoushan : Arriver en Israël… pour y rester

Offrir son aide par des conseils avisés, c’est ce que propose Elyahou Ben Shoushan aux nouveaux arrivants qui ont décidé de faire leur alyah. Chaque matin de 7h à 12h30, cet amoureux d’Israël répond à leurs questions pour faciliter leur installation. En balayant les clichés.

C’est en perdant il y a trois ans ses grands-parents qu’Elyahou Ben Shoushan a eu le déclic. « A 30 ans, j’ai choisi de vivre en Israël », explique-t-il aujourd’hui. « J’ai toujours été très attaché à ce pays, et quelque chose me retenait pour franchir le pas. Je ne me sentais plus aussi libre que je le souhaitais dans ma vie professionnelle, je recherchais en réalité quelque chose de plus profond ».

Né en France, Elyahou Ben Shoushan a grandi entre la Suisse, la France et Israël. C’est après avoir travaillé pendant près de dix ans à Genève pour une compagnie d’assurances qu’il décide de poser ses valises dans l’Etat hébreu. « Je connaissais déjà bien le pays, j’avais la chance d’avoir un niveau d’hébreu assez correct, je n’ai donc pas trouvé les démarches des nouveaux immigrants si compliquées », confie-t-il avec le recul. « Je n’ai pas non plus été choqué comme peuvent l’être ceux qui découvrent la mentalité israélienne ».

Très vite, en effet, Elyahou Ben Shoushan se retrouve à aider les plus jeunes et les couples âgés qui décident de s’installer en Israël. Une dame qu’il a rencontrée par ce biais ouvre alors une page Facebook « Arriver en Israël », « et les gens ont commencé à m’appeler moi, parce qu’elle me recommandait auprès des olim hadachim (nouveaux immigrants) à la recherche de conseils », sourit Elyahou.

Employé dans une plateforme de télémarketing l’après-midi, cet amoureux d’Israël est dès lors disponible le matin et ressent le besoin de répondre à leurs demandes. Il transforme la page Facebook en un site « Arriverenisrael.com » qui réunit toutes les réponses aux difficultés auxquelles les nouveaux immigrants peuvent être confrontés. « Rien n’existait jusqu’à présent de si complet », affirme celui qui a tenté de penser à tout : banques, assurances, éducation, mutuelles, transports, permis de conduire, emploi, médias… « En six mois, nous avons atteint 10.000 visiteurs par mois, des personnes déjà arrivées ou qui pensent bientôt faire leur alyah », se réjouit Elyahou Ben Shoushan, convaincu d’une véritable demande et même d’une progression croissante au vu de la situation des Juifs d’Europe. La réalité le conforte d’ailleurs dans ses pensées, puisque le ministère israélien de l’Intégration lui envoie désormais chaque semaine des nouveaux arrivants en quête de bons conseils. « Les services que je propose sont tout à fait gratuits en ce qui me concerne », souligne Elyahou. « Le ministère de l’Intégration est contre l’utilisation de l’alyah à des fins financières et s’oppose aux sociétés commerciales qui se créent pour aider les olim ».

Main dans main

Un conseil de taille que se permet de donner ce désormais spécialiste de l’alyah : « cesser de comparer », déclare-t-il. « La vie est plus dure en Israël, mais les carottes sont aussi moins chères ! Et je peux vous assurer qu’on peut y devenir propriétaire et bien réussir ». Il poursuit : « C’est une nouvelle vie, il est donc important de s’adapter et d’admettre qu’il y a bien sûr une période de transition. Que l’on s’accroche au sionisme, à l’amour du pays, à la Torah, ou pour changer de vie, savoir pourquoi on vient est déjà énorme ! Pour s’intégrer ensuite, il ne faut pas avoir peur de ne pas comprendre les premières conversations, il faut oser aller vers les Israéliens, et ne pas forcément rechercher les milieux francophones ».

« Arriver pour rester », c’est le slogan qu’Elyahou Ben Shoushan s’est choisi. « J’essaye pour cela de faire se rencontrer les bonnes personnes au bon moment et au bon endroit, pour faciliter notamment les contacts dans les administrations et apporter une aide maximale ».

Un accompagnement « main dans la main », comme il le qualifie, « un relais pour calmer les esprits et mieux apprécier l’instant ». Pour balayer aussi les clichés et les préjugés que certains arrivants pourraient avoir. « Quand on me dit que les Israéliens sont mal polis, je réponds qu’ils n’ont juste pas le temps d’être polis. C’est un autre état d’esprit, mais qui peut faire la différence ». 

Plus d’infos : www.arriverenisrael.com

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