En Israël, le retour des attentats-suicides

Une voiture piégée a explosé lundi à Beyrouth, tuant le fils du chef palestinien Ahmed Djibril Un nouvel attentat-suicide a frappé la ville de Nétanya, dimanche 19 mai. Un Palestinien déguisé en soldat israélien a réussi à s’introduire sur le marché de la ville sans attirer l’attention, puis à faire détoner la bombe qu’il portait sur lui. Sur le même sujet
Trois Israéliens ont été tués, une vingtaine de personnes ont été hospitalisées, dont certaines dans un état grave. Dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée israélienne a effectué une incursion dans la ville palestinienne de Tulkarem, située à moins de 15 kilomètres de là. Lundi matin, un autre Palestinien a fait exploser la bombe qu’il portait sur lui alors qu’il avait été repéré par des gardes-frontières, au sud de la ville israélienne d’Afoula, non loin de l’agglomération palestinienne de Jénine.

Théâtre de très nombreux attentats, principalement du fait de sa proximité avec la Ligne verte qui sépare Israël des territoires palestiniens, Nétanya avait été particulièrement endeuillée, le 27 mars, par l’attentat perpétré dans un hôtel, alors qu’allait débuter la Pâque juive.

L’attentat-suicide, commis par un militant du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), avait tué 29 personnes. Cette opération terroriste, la plus meurtrière depuis le début de la deuxième Intifada, avait été à l’origine de l’opération « Mur de protection » et de la réoccupation des principales agglomérations palestiniennes de la Cisjordanie. Le bilan humain de cette offensive, sans précédent depuis la guerre de 1967, s’est élevé à plus de 250 morts palestiniens et à des centaines de millions de dollars de dégâts matériels.

Depuis, l’armée israélienne a poursuivi presque quotidiennement ses incursions dans des villes palestiniennes, toujours soumises à un siège très sévère.

Les Etats-Unis ont réagi dimanche soir avec beaucoup de précautions à l’attentat de Nétanya. Interrogé sur la chaîne ABC pour savoir si le chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, pouvait les empêcher, le vice-président Dick Cheney, qui a multiplié par le passé les déclarations très fermes contre M. Arafat, a répondu qu' »il y a clairement une catégorie d’attentats pour lesquels il ne [le] peut pas », ceux qui « relèvent de groupes soutenus par exemple par l’Iran et la Syrie, le Hezbollah et le Hamas, qui ne sont pas sous sa supervision ». De son côté, la conseillère du président George W. Bush pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, a estimé sur CNN que, « quand quelque chose comme cela se produit, cela devrait souligner combien nous avons besoin de faire aller le processus de l’avant. Cela souligne l’importance de la réforme de l’Autorité palestinienne (…) afin qu’elle se dote d’un appareil de sécurité unifié efficace, capable de faire face aux problèmes de terrorisme et de briser les réseaux terroristes ».

Le chef de l’Autorité palestinienne avait souligné à deux reprises, au cours des trois semaines précédentes, lors d’interventions à la télévision palestinienne, son opposition aux opérations visant des civils israéliens et aux attaques contre les civils palestiniens. Devant le Conseil législatif palestinien, il avait déclaré, le 15 mai, que ces attentats « dressent » contre les Palestiniens une bonne partie de la communauté internationale.

Ces nouveaux attentats sont survenus alors que piétine un projet de conférence internationale consacrée au Proche-Orient, envisagée à la fin du mois de juin ou au début de juillet. Cette conférence n’a toujours pas de point d’accueil, ni d’agenda précis. Par ailleurs, les Etats-Unis ne sont toujours pas décidés à renvoyer dans la région le directeur de la CIA, George Tenet, comme ils l’avaient envisagé à la fin de l’opération « Mur de protection ». M. Tenet devrait participer à la réorganisation des services de sécurité palestiniens, durement frappés pendant l’offensive israélienne dont l’objectif officiel était pourtant « la destruction des infrastructures terroristes ».

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