Alors, empoisonné ou pas, le 1er Président de l’Autorité Palestinienne ? C’est selon : les scientifiques russes ne disent rien, les Suisses pensent que c’est probable et les Français que c’est peu vraisemblable….
En définitive, c’est sans doute le site Gorafi* qui résume le mieux la situation actuelle : « Les experts français confirment la mort comme hypothèse de décès de Yasser Arafat ». Petit rappel des faits**
-12/10/2004 : Yasser Arafat, 75 ans, tombe malade après un repas, (douleurs abdominales, vomissements, diarrhées)
-11/11/2004 : Mort du leader palestinien à Paris. Sa veuve, Souha Arafat refuse qu’on l’autopsie
-2004-2012 : Les rumeurs d’empoisonnement commencent à circuler, « renforcées » par l’absence de causes précises expliquant sa mort.
-2/6/2012 : Selon la télévision qatarie Al Jazeera, des scientifiques suisses ont découvert sur des vêtements du Raïs des traces de polonium-210, « qui pourraient expliquer sa mort ». S.Arafat dépose plainte contre X pour meurtre aurpès de la justice française.
-27/11/2012 : Le corps d’Y. Arafat est exhumé et trois équipes de scientifiques (une suisse, une russe et une française) prélèvent des échantillons pour analyse.
-15/10/2013 : V. Ouïba, directeur de l’Agence fédérale d’analyses biologiques déclare que les experts russes n’ont trouvé aucune trace de polonium 210 sur les échantillons. Il revient sur ses propos quelques heures plus tard
-7/11/2013 : Dans un rapport de 108 pages, les experts suisses confirment ce qu’ils avaient déjà déclaré à Al Jazeera : il y a une présence élevée de polonium 210 (20 fois la normale). Mais ils ne peuvent «ni affirmer ni exclure » que celui-ci soit la cause de la mort.
-4/12/2013 : Les experts français constatent aussi une quantité anormale de polonium. Mais ils l’expliquent par la présence d’un gaz radioactif, le radon, contenu sous terre qui aurait contaminé le corps. Selon eux, Arafat serait mort d’une infection généralisée.
Donc, pour les Russes, il n’y a pas de polonium. Ou peut être si. En tous cas, c’est un secret. Pour les Suisses, il y en a et il a causé le décès. Ou pas. Pour les Français, il y en a. Mais il n’a rien à voir avec la mort d’Arafat.
Qui croire ? A priori, tant les scientifiques français que suisses sont au-delà de tout soupçon : ils appartiennent à des institutions réputées et ne risqueraient pas leur crédibilité à la légère. Bien sûr, il est possible de «croiser» les deux versions et en espérer une position homogène.
Tout ce que fait Souha Arafat est surtout bon pour Souha Arafat
Sans oublier que les trois rapports devront être soumis à la justice qui choisira d’approfondir l’enquête ou de classer la plainte. Mais en attendant, c’est le triomphe des « On vous l’avait bien dit ». Chacun camp s’appuie sur « son » rapport.
Fort de celui des Suisses, les Palestiniens, acquis à la théorie de l’empoisonnement, réclament une Commission d’enquête internationale. Les Israéliens, désignés comme les commanditaires du crime, voient leurs véhémentes dénégations renforcées par les Français,
Parmi les premiers se trouve bien entendu, Souha Arafat, la veuve du Raïs, qui prétend avoir toujours été convaincue que « le martyr Arafat n’est pas décédé de mort naturelle». Déjà, elle a été vexée par l’attitude des Français.
Ceux-ci ne lui ont transmis qu’un résumé de 4 pages de leur rapport. Ce qui n’est guère, surtout comparé aux 108 des Suisses…. Mais ce qui est essentiel, c’est que les conclusions du rapport français lui paraissent «illogiques».
«Je suis bouleversée par ces contradictions», a-t-elle lancé en ajoutant : on a perdu une bataille mais pas la guerre». Conclusion de Souha Arafat : «Je veux continuer jusqu’à parvenir à la vérité».
Une attitude des plus compréhensibles chez une militante passionnée et résolue à poursuivre le combat de son mari en démontrant qu’il a été assassiné par la barbarie sioniste. Sauf que « Mme Veuve », comme on la surnomme, n’a rien à voir avec ce portrait.
Depuis son mariage avec le leader palestinien en 1990, Souha Arafat n’a jamais eu le moindre geste, fût-il symbolique (comme visiter un camp de réfugiés, par exemple) envers le peuple dont elle était « la 1ère Dame ».
Et en 2000, lorsqu’a éclaté la 2ème intifada et la répression israélienne, elle s’est directement réfugiée…dans des palaces parisiens. Ses seules motivations ont toujours été l’argent et, dans une moindre mesure, la célébrité.
C’est peut être cette dernière qui l’a poussée à accepter l’enquête d’Al Jazeera puis à déposer plainte et enfin à réclamer l’exhumation du Raïs. En tous cas, pour la majorité de Palestiniens, tout ce que fait Souha Arafat est surtout bon pour Souha Arafat…
En définitive, ce sont peut être les Russes qui ont eu raison de ne rien dire : on ne connaîtra sans doute jamais le fin mot de l’histoire. Pour cela, il aurait fallu effectuer une autopsie médico-légale juste après le décès. Précisément celle que Souha Arafat avait alors refusée
*https://www.facebook.com/legorafi
*Pour un résumé détaillé des épisodes précédents v. : « Y.Arafat a-t-il été empoisonné ? Oui, je répète, non. » (http://www.cclj.be/article/3/4883)
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