La violoniste virtuose Estelle Goldfarb sera au CCLJ le mercredi 18 décembre 2013 à 20h30 pour nous faire découvrir en avant-première ses toutes nouvelles compositions enregistrées pour son premier album solo « Naissance ». Rencontre avec une artiste atypique.
Comment votre passion est-elle née ? Je viens d’une famille de musiciens ou plutôt de musiciennes ! Mon père était un grand mélomane et pianiste amateur et mes deux sœurs sont violoncelliste et flutiste. J’ai donc était baignée dans la musique, au départ classique, dès mon plus jeune âge. Très vite, j’ai eu envie de m’ouvrir à d’autres styles : le funk, les musiques d’Europe de l’Est, le Jazz…
Vous vous définissez comme une « violoniste électro klezmer orientale », pouvez-vous nous expliquer ? A vrai dire, je n’aime pas trop les étiquettes, mais cela donne des repères au public. J’ai développé au fur et à mesure des années un langage musical propre où fusionnent mes influences les plus marquantes : la musique juive d’Europe de l’Est (c’est-à-dire le klezmer), la musique orientale et les musiques électro actuelles. Donc, en résumé, cela donne « violoniste klezmer électro orientale » !
D’où votre inspiration vous vient-elle ? De manière probablement inconsciente, la musique classique m’a influencée, car c’est ce que j’entendais à la maison petite. Depuis l’âge de 15 ans, j’étais une grande fan de Prince ! Ensuite, je me suis ouverte au klezmer, ainsi qu’aux musiques improvisées. Quand je suis arrivée à Paris, il y a dix ans, j’ai rencontré des musiciens égyptiens et j’ai aussi puisé dans cette culture. J’ai pas mal écouté dans les années 90 toute la musique électro indienne venant de Londres, mouvement que l’on appelle l’Asian Underground, avec des musiciens comme Talvin Singh, Nitin Dawhney. Enfin, ces dernières années, mes influences sont plutôt du côté d’Avishai Cohen, Camille, Ibrahim Maalouf, Chilly Gonzalez…
Votre premier cd solo s’appelle « Naissance ». Y a-t-il un avant et un après ? Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour le sortir ? C’est comme le bon vin, parfois il faut attendre. Il y a dix ans j’ai fait quelques concerts avec des musiciens différents, ce qui m’a permis d’expérimenter plein de choses. Je composais les mélodies et arrangeais les morceaux avec les musiciens, je reprenais aussi des mélodies traditionnelles juives que je remixais de manière électro. J’étais à cette époque dans une démarche « d’instantanéité » si l’on peut dire.
Il y a quatre ans, j’ai commencé à composer de manière beaucoup plus approfondie en concevant non seulement les mélodies, mais aussi les accompagnements et les rythmiques. Comme je n’aimais pas trop les sons synthétiques, j’ai composé toutes les parties moi-même avec mon violon (que j’utilisais parfois comme une guitare ou une contrebasse en traitant les sons électroniquement) et ma voix que j’utilisais en beatbox pour les rythmiques. Je faisais tout toute seule ! C’est comme une catharsis pour moi, mais pour faire l’album, il a fallu ouvrir ce dialogue entre moi et moi-même. Cela m’a pris un peu de temps avant de trouver les bonnes personnes pour réaliser cet album ! J’envisage de faire des concerts et je ne compte pas m’arrêter à un seul album, le second arrivera avant dix ans !
Que verra-t-on le 18 décembre au CCLJ ? Pour le live, on sera quatre sur scène : violon, guitare, contrebasse et percussions (Zé Luis Nascimento musicien de Ayo et Titi Robin). Il y aura un rappeur belge en guest : Herb Cells. Notre musique est assez accessible, même si c’est de la musique instrumentale. Nous nous adressons donc à tous les publics, de 7 à 77 ans… et même de plus jeune encore (ma musique semble plaire aux bébés également !) jusque 120 ans !
Plus d’infos : www.estellegoldfarb.com