Comme Winston Churchill le disait de l’URSS, l’Iran, c’est « un rébus drapé dans un mystère au cœur d’une énigme ». Qui dirige vraiment là bas ? Que veulent ces dirigeants ? Des intégristes religieux sont-ils capables de gouverner de façon rationnelle ? Et leurs bombes nucléaires ? Quand en disposeront-ils ? Dans un mois ? Dans un an ? Jamais ? Et s’ils l’avaient, l’utiliseraient-ils ? Et…
A toutes les questions, les experts, réels ou autoproclamés, donnent avec une même assurance des réponses complètement contradictoires. De même pour les hommes politiques de tous bords et de tous pays. Alors, pourquoi ne pas écouter le gouvernement israélien, alors ? Il sait certainement, lui, de quoi il retourne.
Que dit-il ? L’Iran va avoir la bombe. Ce soir. Au mieux, demain matin. Et il l’utilisera sans hésiter. Les sanctions prises contre lui ne marchent pas. Ne reste que l’option militaire. Bombarder les sites nucléaires iraniens. Sinon ce sera la fin d’Israël.
Cela a le mérite d’être clair. Mais voilà : doit-on faire aveuglement confiance à un gouvernement ? Pas seulement à celui-ci. Pas seulement aux gouvernements israéliens. A tous. Difficile après octobre 1973, lorsque le très sage, très brillant et très invincible gouvernement de Golda Meir s’est laissé surprendre par la guerre du Kippour.
Ce gouvernement là aussi avait toutes les réponses à toutes les questions. Mais il les a mal interprétées. Par arrogance. Par idéologie. Par parti pris. Quelqu’un dans le public croit-il que le gouvernement Netanyahou est épargné par ces maux ?
Alors, à qui se fier ? Qui croire ? Peut être à Méir Dagan. Si quelqu’un dispose d’informations valables, ce ne peut être que lui : Il vient à peine de quitter le poste de directeur du Mossad qu’il a occupé durant 8 ans.
Un « faucon » d’un genre spécial
Or, le dernier jour de son mandat, il a publiquement affirmé que l’Iran n’aurait pas la bombe avant des années. Au pire, en 2015. Ou jamais, si Israël et les pays occidentaux continuaient à exercer de fortes pressions sur lui.
Un langage de modéré, quoi. Quasi de « colombe ». Sauf que Dagan est un « faucon », un vrai. Partisan de sanctions dures contre la République islamique. Responsable de l’assassinat de plusieurs experts nucléaires iraniens. Et du virus informatique « Stuxnet » qui a saboté un cinquième des centrifugeuses iraniennes produisant de l’uranium enrichi.
Sauf que, bien entendu, il faut mettre tout cela au conditionnel. Officiellement, Israël n’a rien à voir avec ces dramatiques événements… Quoi qu’il en soit, Dagan est un faucon mais du genre réaliste. Car, contrairement à ce que pourraient laisser croire les discours de ceux de la Diaspora, c’est rare mais cela existe. En Israël, en tous cas.
Idéalement, on aurait préféré que rien de tout cela n’arrive. Que personne n’ait été tué, pas même ces scientifiques iraniens. Mais si cela permet d’éviter des bombardements aux conséquences humaines incalculables, on fera avec.
Car il y a au moins une chose dont on peut être certain à propos de la République islamique d’Iran : ses dirigeants actuels haïssent Israël. Et ce sont des tueurs.
O.W.
Confirmé par démenti.
Tiens, Méir Dagan est revenu sur ses déclarations. Ce 17 janvier, il a estimé que, finalement, « l’Iran pourrait développer des armes nucléaires plus rapidement que prévu ». Un démenti qui n’étonne personne et même, qui confirme plutôt ses propos précédents.
C’est que la droite, Premier Ministre en tête, était furieuse contre lui. Toute leur stratégie était remise en question. De très peu discrètes pressions ont donc été exercées afin que, lors de la cérémonie organisée à la Knesset pour son départ, les positions de Dagan ne soient pas trop éloignées de celles du gouvernement.
Dagan est encore un haut-fonctionnaire. Que vouliez-vous qu’il fit ? Il a démenti. Entretemps, un autre ancien directeur du Mossad, Ephraïm Halevy, a tenu un discours similaire aux premières déclarations de Dagan. Tout comme le Ministre (Likoud) des Affaires stratégiques, Moshe Yaalon, un autre « faucon »…
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