L’actualité a cette désagréable manie de ne pas s’arrêter durant les vacances. Au risque de nous faire manquer des informations intéressantes. Petite séance de rattrapage.
« L’immobilisme est en marche. On ne saurait l’arrêter »*
Ainsi, y eut-il, début avril, « l’initiative de paix israélienne » lancée par plusieurs anciens responsables des services secrets et qui préconisait la création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël.
Et, le 21 de ce mois, une soixantaine de personnalités israéliennes, dont 17 lauréats du prestigieux « Prix Israël » se sont réunies boulevard Rothschild, à Tel-Aviv, devant la salle même où David Ben Gourion proclama, voici 63 ans, l’indépendance de l’Etat juif.
Là, ils ont lu une autre Déclaration affirmant notamment : « Nous appelons à saluer l’indépendance escomptée d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, selon les frontières de notre indépendance fixées lors de l’armistice de 1949 ».
Car, chacun sait, y compris les braillards venus insulter les orateurs, que la proclamation de cet Etat est inéluctable et probablement imminente. Et qu’il sera reconnu par l’écrasante majorité des 192 pays membres de l’ONU.
La seule question à ce stade est de décider si Israël sera partie prenante dans cette création pour en négocier les termes ou s’il s’en exclura au risque de se retrouver au ban de la communauté internationale.
Un homme d’Etat affronterait cette réalité et en tirerait les conséquences. Mais s’il y avait un tel homme au pouvoir en ce moment, on l’aurait sans doute déjà remarqué…
* Edgar Faure, homme politique français (1908-1988)
L’homme le plus populaire d’Israël
La plaisanterie est presque aussi vieille que lui : « Au Moyen-Orient, rien n’est éternel sauf Shimon Peres ». De fait, l’actuel Président de l’Etat, 88 ans aux prunes, a commencé sa carrière en 1953, ce qui ne nous rajeunit pas.
Mais, même l’éternité peut amener de (bonnes) surprises. Shimon Peres, qui fut si longtemps un des hommes les plus détestés du pays, est devenu populaire ! Selon le sondage annuel du quotidien Haaretz*, il est même, pour la deuxième année consécutive, la personnalité politique préférée des Israéliens (72%).
A l’exception des Arabes israéliens, tout le monde l’apprécie, depuis les très athées immigrants de l’ex-URSS jusqu’aux ultra-orthodoxes en passant par l’ensemble de l’échiquier politique du pays.
Suivent l’actuel président de la Knesset, Reuven Rivlin (apprécié à 60%), ex-æquo avec Stanley Fisher, le gouverneur de la Banque Centrale. Et juste derrière (57%), l’homme le plus en pointe dans la lutte contre la corruption, le contrôleur de l’Etat, Micha Lindenstrauss.
Aucun politicien ne dépasse les 50%. La mieux placée (48%) est Tzipi Livni, leader de Kadima, suivie par Avigdor Liebermann (46%). Le Premier ministre Netanyahou surnage à 38% et Ehud Barak coule à 30%…
*www.haaretz.com/weekend/week-s-end/the-responsible-adult-1.357576
Auschwitz : il suffisait de demander…
Nous avons évoqué, voici peu*, les interrogations et les inquiétudes de Lazard Perez, représentant belge du « Comité international de la Fondation Auschwitz-Birkenau » quant à la manière dont les fonds européens étaient dépensés -gaspillés ?- par la direction du camp.
M. Perez se plaignait aussi de ne jamais obtenir de réponses aux questions précises qu’il avait posées au directeur du Musée d’Auschwitz, M. Piotr Cywinski. Visiblement, tout était dans la façon de demander.
Il a suffi à M. Perez d’exprimer ses inquiétudes dans la presse et de demander au gouvernement belge de surseoir au versement de sa quote-part financière pour recevoir des informations. Non pas directement, d’ailleurs : au travers de mails envoyés aux médias belges.
Mais n’ergotons pas. Que dit donc M. Cywinski ? D’une part, que si le prix de la rénovation d’un des baraquements en bois du camp est passé de 60.000 à 300.000 euros, c’est à cause de l’augmentation du coût de la main d’œuvre.
Peste, des salaires qui quintuplent en dix ans ! Visiblement, les maçons polonais sont plus débrouillards que leur collègue plombier qui était encore, voici peu, le moins cher d’Europe… M. Cywinski s’explique aussi sur ses frais de fonctionnement quelque peu élevés (plus d’un million d’euros avant même que les travaux de rénovation n’aient commencé).
Ils seraient causés par le fait que les financements attendus ne sont pas encore totalement arrivés, et donc que « les frais de fonctionnement sont relativement plus élevés qu’ils ne le seront lorsque le mécanisme de la Fondation sera rodé ».
Va savoir pourquoi ces explications, pourtant logiques et précises, n’ont pas vraiment rassuré M. Perez…
* « Scandale financier à Auschwitz ? » (www.cclj.be/article/3/1939)
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