Et pourquoi pas la solution à un Etat ?

Quand la droite dure pense, ce n’est pas triste* . Son plan actuel : un seul Etat (israélien, s’entend) et citoyenneté israélienne aux Palestiniens.  Avec droit de vote intégral. Ou limité. Ou absent. Ou une solution à 3 Etats voire à 4, mais alors confédérés.

Bref, tout sauf la solution à deux Etats. Sauf que ces amusantes idées n’ont aucune chance d’être acceptée par les Palestiniens ou par le reste du monde. Ni d’ailleurs par les Israéliens eux-mêmes  O.W.

Maintenant que John Kerry a annoncé victorieusement la reprise des négociations israélo-palestiniennes, l’aile droite du Likoud revient en force avec sa proposition originale d’un seul Etat (…)

Cette fameuse alternative propose ainsi d’annexer la Judée-Samarie à l’Etat d’Israël et d’octroyer aux Palestiniens une pleine citoyenneté israélienne, y compris le droit de vote pour élire les députés à la Knesset.

Pour les ténors de la droite, les avantages sont évidents : Israël garderait les implantations érigées sur les sites bibliques, assurerait la sécurité de toute la Judée-Samarie et tout cela sous une bannière démocratique afin de recueillir les suffrages de la communauté internationale.

D’un point de vue démographique, ce plan B a gagné en faisabilité depuis deux événements majeurs : d’une part, le retrait unilatéral de Gaza qui a exclu 1,5 million de Palestiniens de cette équation.

Et de l’autre, un recensement de la population palestinienne, mené par un groupe de recherche américano-israélien, un organisme qui penche à droite, qui  a revu les taux de croissance de la population arabe à la baisse et comptabilise 1 million de Palestiniens de moins que généralement admis.

Pour la ministre Tzipi Hotovely, cela signifie qu’une fois la Judée-Samarie annexée, les Juifs seraient majoritaires à raison de 7 pour 3 Palestiniens, et qu’il n’y a aucun risque pour la communauté juive d’être dépassée par la natalité des Arabes palestiniens.

Mais selon la « Haute Administration des territoires de Judée-Samarie » et le Bureau central des statistiques, le ratio est plus près des 6 pour 4. Et si Gaza était inclus dans cette partition, ce qui serait probablement le cas à la demande même des Palestiniens, une parité virtuelle serait acquise d’emblée.

Mis à part ces considérations démographiques, cette solution soulève aussi des questions sur le plan démocratique (…). Car la nationalité israélienne ne serait pas automatiquement accordée à tous les Palestiniens. Selon les différentes versions de cette approche, il y aurait un processus de 5 ans avant qu’ils puissent bénéficier de la nationalité, assorti de divers conditions (…)

Le plan Bennett : 39% de la Cisjordanie pour les Palestiniens.

Hotovely qui semble quelque peu douter de cette suprématie démographique juive propose de booster la population par une aliya massive : un million d’immigrants en une décennie. Mais d’où viendraient-ils ? (…)

D’autres leaders de droite sont plus circonspects. Le ministre de l’Economie Naftali Bennett, propose son propre plan : le gouvernement annexerait la zone C, qui correspond à 61 % de la Cisjordanie où résident la majorité des 300 000 habitants des implantations et seulement 50 000 à 100 000 Palestiniens.

Ces derniers obtiendraient alors la pleine nationalité israélienne sans que cela ne pèse de manière significative dans la balance démographique. Et les 2,5 millions restant, installés sur 39 % des terres seraient pleinement autonomes sous administration palestinienne.

Mais tout comme la solution à un Etat, il y a fort à parier que ce plan Bennett serait lui aussi désapprouvé par les Palestiniens et la communauté internationale. De plus, en annexant la zone C, ce plan infirme définitivement la viabilité d’un Etat palestinien vivant en paix à côté d’Israël.

Pour tenter de remédier à ces écueils, le ministre de la Défense, le député Danny Danon, nouvellement élu président du comité du Likoud, propose quant à lui ce qu’il appelle une solution à 3 Etats, qui impliquerait Israël, la Jordanie et l’Egypte.

Dans cette variation, Israël annexerait la zone C, les 40 % de la Judée-Samarie restants iraient à la Jordanie et Gaza serait rattachée à l’Egypte. Danon y voit l’avantage qu’il n’y aurait pas dans ce cas d’Etat palestinien proprement dit.

Mais c’est justement le talon d’Achille de cette variation, qui ne trouverait preneur, ni chez les Palestiniens, ni chez les Jordaniens, ni chez les Égyptiens, et n’aurait pas non plus les faveurs de la communauté internationale.

Une proposition plus sophistiquée est celle proposée par le général de réserve Giora Eiland, ancien conseiller à la Sécurité nationale (…) Il envisage pour sa part une confédération d’Etats, ce qui permettrait d’augmenter les terres disponibles attribuées à chaque Etat.

Une fédération jordano-palestinienne avec comme capitale, Amman et comme Etats fédéraux, la Cisjordanie, Gaza et la Transjordanie. Un tel arrangement présenterait un double avantage, d’une part les Palestiniens alignés une viabilité plus grande. Et Israël pourrait annexer une partie plus importante des territoires occupés. (…)

Le problème, c’est qu’il est très peu probable que les Jordaniens, les Egyptiens ou les Palestiniens soient prêts à accepter l’une ou l’autre de ces partitions, même partiellement, ni même d’envisager quelque combinaison que ce soit aménagée à partir de ces options….

*http://www.jpost.com/Edition-fran%C3%A7aise/Affaires-Palestiniennes/La-droite-isra%C3%A9lienne-et-sa-solution-%C3%A0-un-Etat-322184

 

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