Et si Dieu n’existait pas…

Maman : trentenaire un peu débordée.
Enfants : Un ptit gars de 7 ans et 8 mois, une blondinette de 4 ans et 7 mois.
Le ptit gars : « Si tu veux prier, tu prends un livre et tu pries… ».

Un samedi après-midi, de retour d’une promenade en forêt, le ptit gars et son copain de classe débattent de choses sérieuses :
– « Moi, je ne sais même pas si Dieu existe, alors… », lance le camarade.
– « Ben moi, je pense qu’il existe, sinon pourquoi les gens prieraient ? Ils vont quand même pas prier des heures pour rien ? », rétorque le ptit gars.
– « Je crois que tout ça, c’est une question d’argent », explique le copain.
– « Mais pas du tout, si tu veux prier, tu prends un livre et tu pries, t’as pas besoin d’argent pour ça… », lui retourne le ptit gars, laissant l’ami songeur.
Je me suis surprise à toussoter, cherchant probablement comment intervenir et ne pas laisser ce petit monde empêtré dans des questions sans réponse. Il y a un peu plus de deux ans, dans cette même chronique, le ptit gars, 5 ans, m’interrogeait déjà sur le sens de la « mour de Dieu », tiré de l’indémodable « Au clair de la lune ». J’avoue, j’avais esquivé. Le temps était passé, et je croyais cette question évacuée. Le voilà qui revient à la charge. Sa demande d’aller voir en plein Noël à la Grand Place la « Maison de Moïse » (la crèche, en fait) était-elle une provocation ou un besoin de clarification ?
Un peu perdue moi aussi, j’ai fait appel à un ami… enfin à la blondinette, qui ne manque pas d’imagination et est souvent ravie de donner son avis. « Est-ce que tu as déjà entendu parler de Dieu ? », lui ai-je demandé franchement, tout en réalisant qu’y répondre à 4 ans, c’est un peu jeune tout de même. « Bien sûr, c’est une statue qui est dans le désert ! », a-t-elle répliqué. Ma gorge s’est remise à me chatouiller.
Devrais-je donc raconter l’errance de Moïse pour leur amener subtilement le sujet ? Pour l’heure, j’errais moi-même en plein désert. « Notre rabbin est là pour répondre à nos questions et nous dire quoi faire », répètent les ultra-religieux. C’est tellement plus simple, c’est vrai. Y a pas quelqu’un chez les Juifs laïques qui pourrait se dévouer et faire la même chose ? Ca résoudrait déjà quelques questions essentielles, du genre : pour ou contre le bonbon avant de manger, pour ou contre le bonnet en plein été, pour ou contre la télé… en espérant que la télé soit acceptée. Pour répondre à l’existence de Dieu, ce n’est peut-être pas gagné. Notre chef laïque ne sera peut-être pas le plus approprié. C’est à ce moment-là que le ptit gars s’est tourné vers moi : « Dis maman, tu peux me dessiner un mouton ? »

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