Dernière production théâtrale d’Arts & Transmissions, Et si on jouait le Marchand de Venise… est une pièce qui se propose de revisiter le classique de Shakespeare en questionnant les thématiques de la peur et de l’antisémitisme autour du personnage de Shylock. Une pièce drôle et tragique qui se jouera du 22 au 25 mars 2016 à 20h15 au CCLJ.
Et si on jouait le Marchand de Venise… est un projet original né dans un atelier d’écriture organisé par Arts & Transmissions, une asbl créée par Solange Nebenzahl qui avait déjà produit et monté Mame’s Rhapsody et Post. L’équipe de comédiens amateurs a travaillé sur les thèmes de la peur et de l’antisémitisme à partir de la pièce Le Marchand de Venise de Shakespeare et du personnage principal de cette pièce, l’usurier Shylock. « Il s’agit d’une mise en abîme du Marchand de Venise », souligne Michel Tanner, le metteur en scène de la pièce Et si on jouait le Marchand de Venise… « Toutes les questions concernant l’antisémitisme de la pièce de Shakespeare sont posées sans qu’on y apporte les réponses. Depuis des années, les uns disent que cette pièce est antisémite et d’autres affirment le contraire. Avec notre pièce, nous essayons de montrer les limites de cet exercice. La force de la pièce réside précisément dans l’ouverture grâce au rire. Nous rions de nos peurs ».
Et si on jouait le Marchand de Venise… raconte l’histoire d’une troupe de comédiens amateurs juifs qui veut s’attaquer au texte de Shakespeare pour en déjouer les archétypes antisémites, notamment en s’attardant sur le thème de l’usurier juif Shylock. Par ailleurs, le metteur en scène (non juif) pressenti se révèle incapable de diriger convenablement cette troupe de comédiens juifs. Il ne connaît ni l’œuvre de Shakespeare, ni les problématiques que soulève la pièce Le Marchand de Venise. Grandes discussions agitées, remises en question systématiques, pas mal d’humour et on se rend vite compte que rien n’est simple et ne peut l’être dans ce projet de pièce sur l’antisémitisme.
Préjugés antisémites
Michel Tanner connaît bien le texte du Marchand de Venise. Il y a 20 ans, ce metteur en scène belge a eu l’occasion de le monter au Théâtre national de Belgique. « Je ne sais si je suis parvenu à l’époque à démontrer que le grand William Shakespeare ne pouvait être antisémite. Je ne pense pas, car me voilà vingt ans après à poser la même question, avec une troupe de comédiens juifs amateurs, sans que nous trouvions pour autant la réponse », reconnaît-il. « Si nous avons aujourd’hui une pièce achevée, c’est surtout grâce à Michel Tanner », précise Solange Nebenzahl. « C’est lui qui a écrit la pièce “Et si on jouait le Marchand de Venise…” à partir de nos délires lors des ateliers d’écriture. Tous les acteurs de cette pièce ont écrit et on le retrouve évidemment dans la structure du texte. Nous avons cherché une langue qui nous appartienne ».
La mission est accomplie : on se cultive en (re)découvrant un classique d’un géant du théâtre, on affronte ses peurs en riant et on nourrit sa réflexion sur l’antisémitisme. Que demander de plus.
La situation sécuritaire du pays et une insuffisance de la présence policière nous obligent à annuler la représentation de ce MARDI 22 mars.
La représentation du 23 mars est bien maintenue, les bénéfices de la soirée seront reversés aux victimes des attentats.
« Et si on jouait le Marchand de Venise… »
Création Arts & Transmissions asbl
Mis en scène Michel Tanner.
Avec Emile Atlass, Régine Bergman, Linda Cohen, Jacques Gleicher, Muriel Marcovici, Nicole Nasielski, Solange Nebenzahl, Selma Szwarcman, Georges Venet.