Et si on parlait du sionisme ?

Le prochain débat molenbeekois « Et si on parlait librement et sereinement du sionisme ? » mérite-t-il d’être illustré par le dessin d’un caricaturiste négationniste ?

La section du Parti socialiste (PS) de Molenbeek organise le 19 mars 2013 une rencontre-débat sur le thème du sionisme. Pour aborder la question de manière « libre et sereine » : le sénateur Philippe Moureaux et Yves Goldstein, le chef de cabinet de la Vice-Première ministre Laurette Onkelinx et ancien membre de l’Hashomer Hatzaïr (mouvement de jeunesse sioniste socialiste).

Pourquoi la section PS de Molenbeek a-t-elle donc choisi un Zéon, un « artiste » néofasciste et négationniste pour illustrer un débat supposé serein sur le thème du sionisme ? Faut-il y voir sinon un signe ou simplement un manque total de culture politique ? Total en effet, car, au-delà de la personnalité sulfureuse de son auteur, le dessin en soi transpire la haine du Juif en tant que tel.

Que nous montre, en effet, la caricature de Zéon ? Le fameux « deux poids, deux mesures » à travers un Juif (sioniste ?) sorti tout droit du mensuel nazi Stürmer qui joue, ni plus ni moins, de la Shoah pour exercer sa domination sur le monde. Il paraît difficile d’interpréter autrement la production de cet émule de Dieudonné. Si tel est le message que veut donner la section socialiste de Molenbeek, il eut mieux fallu inviter directement Alain Soral, cet ancien militant communiste, reconverti désormais dans la droite radicale et qui n’est autre que le maître à penser de notre caricaturiste.

Au-delà de ce dérapage, il est évident que l’on ne peut parler aujourd’hui du sionisme et d’Israël sans verser, précisément, dans la caricature. Il suffit de songer au nouveau maître à « panser » d’Ecolo, Henri Goldman, pour s’en convaincre. Peu nous chaut qu’il soit antisioniste, mais qu’il en vienne à comparer Shimon Peres à Ahmadinejad, pour mieux souligner la supériorité du président iranien qui, lui, n’aurait pas de sang sur les mains, témoigne d’un aveuglement qui tient de la névrose, sinon de la psychose.

A n’en pas douter, la famille et les amis de Neda Agha-Soltan, cette Iranienne de 27 ans assassinée le 20 juin 2009, lors d’une manifestation antigouvernementale, apprécieront ! Il est vrai que Shimon Peres, tout prix Nobel et Docteur honoris de l’ULB qu’il soit, est… sioniste. Sans minimiser la beauté de l’engagement communiste (le grand-oncle de Joël Kotek est tombé en bon stalinien à Barcelone en 1939), ne devrait-on attendre d’anciens thuriféraires, ici, du petit et génial petit Père des peuples et, là, du glorieux Père de l’Armée de rouge qui inventa tout de même le système concentrationnaire soviétique en 1918, davantage d’introspection ?

Pour revenir au débat, reste à espérer qu’il soit réellement serein et historique. Il serait bon que soit rappelé, à toutes fins utiles, qu’Israël n’est pas né à cause mais malgré la Shoah. Israël était destiné à accueillir la masse des Juifs pauvres d’Europe centrale et orientale, ceux-là même qui furent assassinés durant la nuit du judéocide.

L’Etat juif est le pays refuge des Juifs déshérités et des persécutés. Où donc se trouve la majorité des 900.000 Juifs épurés du monde arabe, sinon en Israël. La Shoah n’y est pour rien, mais bien le nationalisme völkisch arabo-musulman. 

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