Commençons par les extrémistes des deux camps dont les plans secrets sont officiels depuis longtemps : tant le Djihad islamique ou le Hamas que les colons israéliens veulent la totalité de la Palestine mandataire, si possible vidée de la population d’en face.
A part ceux là, l’homme qui a le plus grand nombre de plans secrets dans sa manche, c’est Mahmoud Abbas, le Président de l’Autorité Palestinienne (AP). Si donc, les négociations actuelles tournent court, il a préparé toutes une série d’alternatives : la première consiste à demander aux Etats-Unis de reconnaître unilatéralement un Etat palestinien incluant la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est.
En cas d’échec, il fera la même requête à l’Onu, en partant du principe que celle-ci condamnera plus fermement l’occupation d’un Etat que de « territoires ». Si cela non plus ne marche pas, il réclamera que la Cisjordanie soit placée sous tutelle internationale. Si d’aventure, ce plan là était aussi refusé, il envisage de dissoudre l’AP et laisser Israël se dépatouiller avec la totalité de la population palestinienne.
Enfin, M. Abbas a un autre fer au feu : une réconciliation avec le Hamas comprenant un « échange de territoires » : le Hamas contrôlera administrativement puis militairement une partie de la Cisjordanie et l’AP en fera de même dans une portion de la Bande de Gaza.
Bien que non impliqué dans les négociations, le Hezbollah a également un agenda caché qui pourrait bouleverser la situation : si le « Tribunal spécial de l’ONU sur le Liban » met en accusation certains de ses dirigeants dans l’assassinat de Rafik Hariri (2005), il fera un coup d’Etat en s’emparant de Beyrouth puis de la totalité du pays.
De leur côté, les Etats-Unis ont, eux aussi, quelques plans B, Ainsi pour la Vallée du Jourdain dont les Israéliens veulent garder le contrôle pour des raisons de sécurité. Si les négociations reprennent, les Américains proposeront qu’elle fasse bien partie du futur Etat palestinien mais soit immédiatement louée aux Israéliens pour 7 ans.
140.000 colons seront évacués
A part celui-là, Washington dispose d’un plan secret beaucoup plus ambitieux. Israël reviendra aux frontières de 1967, mais conservera toutefois quelques pourcents de la Cisjordanie incluant les principales colonies juives. 140.000 colons au minimum devront donc être déplacés.Jérusalem-est fera partie du nouvel Etat palestinien (à l’exception des quartiers juifs) et la souveraineté sur le Mont du Temple sera partagée entre les deux Etats sous le contrôle du Vatican.
Israël a bien sûr, ses propres alternatives : d’abord l’échange de territoires prôné par Avigdor Liebermann, un plan secret détaillé à la tribune de l’Onu fin septembre 2010 : la portion de la Galilée majoritairement peuplée d’Arabes ira à l’Autorité palestinienne. En échange, l’Etat juif gardera les parties de la Cisjordanie où les colons sont installés.
Et enfin, il y a l’agenda caché de Benjamin Netanyahou. Bien qu’il ne l’ait jamais énoncé ni en public ni en privé, les analystes ont bien compris en quoi il consistait : rester au pouvoir coûte que coûte. Pour cela, le Premier Ministre entend d’une part proclamer hautement sa volonté résolue d’aboutir à une paix complète. Et de l’autre, attendre que tous les plans, secrets ou non, aient échoué. Il pourra alors affirmer avec regret qu’aucune solution négociée n’est envisageable…
Bien sûr, le fait que ces plans confidentiels s’étalent dans les médias pourrait les faire passer pour des ballons d’essai et/ou des manœuvres destinées à déstabiliser adversaires et partenaires. N’empêche que l’un d’eux pourrait bien finir par se réaliser. Oui, mais lequel ? Cela, c’est vraiment un secret…