Il serait sans nul doute plus futé de se demander si François Hollande est bon pour la France ou pour le monde. Mais comme cette question interpelle nombre de Juifs, français ou non, et u’on ne se refait pas…
Il fallait en avoir le cœur net. Une délégation du CRIF*, président Richard Pasquier en tête, a donc rencontré le candidat socialiste fin janvier pour procéder à un tour d’horizon des préoccupations de la communauté juive de France.
A la sortie, les membres du CRIF se sont dits satisfaits : la réunion avait été « agréable et détendue » et des points d’accord trouvés sur à peu près tous les points : le port de signes distinctifs (le foulard, mais aussi la kippa) dans l’espace public, l’abattage rituel entre autres.
Même consensus sur la haine antijuive. François Hollande a affirmé qu’il s’engagerait avec fermeté contre les actes antisémites. « Et, a-t-il ajouté, antisionistes ». Ce qui a fait grincer quelques dents chez ceux qui ne confondent pas les deux.
Sur le rejet croissant de l’Etat juif, le candidat socialiste a déclaré : « Si Israël est l’objet de tant de critiques, c’est qu’il constitue une grande démocratie ». Il a précisé que c’est sans doute au PS que l’on trouve le plus grand nombre d’amis d’Israël et du peuple juif.
Dans la foulée, il a annoncé la prochaine visite en Israël de Laurent Fabius, à l’invitation de Shelly Yachimovich, la présidente du Parti travailliste. Bref, tout va bien et un président Hollande ne dérangerait pas plus que cela le CRIF.
Une attitude qui plaît peu aux sites ultra-sionistes qui, à tout prendre, préfèrent encore Nicolas Sarkozy, malgré ses volte faces et ses humeurs face à Israël. Ils ont donc repris avec délectation une rumeur sur la porte-parole du candidat socialiste.
Celle-ci, Najat Vallaud-Belkacem aurait arboré le keffieh palestinien. Ce qui, paraît-il, aurait dû dissuader, tout Juif digne de ce nom de voter pour lui. Petit point de détail, comme dirait l’autre : elle portait en réalité une écharpe à pois…
D’autre part, si vexant que cela soit, il faut quand même le dire avec clarté : il n’existe pas de « vote juif » en France. Les Juifs ne sont pas assez nombreux (entre 5 et 600.000) pour faire une différence. D’autant qu’ils se répartissent sur l’ensemble de l’échiquier politique…
C’est bien connu : une des questions le plus souvent posée sur Google est de savoir si des personnages connus -y compris les hommes politiques- sont juifs (et/ou homosexuels). Surtout s’ils sont candidats à la Présidence de la République.
Pour Nicolas Sarkozy, on sait : un de ses grands-pères était juif. Mais le judaïsme se transmet par les femmes. Et il a été baptisé dans la foi catholique. Dans les années 1940, ce pépé lui aurait causé des soucis à Berlin ou à Vichy. De nos jours, c’est vous qui voyez.
Et qu’en est-il de François-Gérard-Georges-Nicolas Hollande ? A priori, il est tout à fait normal, lui. Blanc, veut-on dire, comme vous et moi (enfin, surtout vous). Il est né en Normandie, de père catholique et a étudié à l’Institut Jean-Baptise-de-La-Salle, à Rouen.
Sauf que sa mère s’appelait Nicole Tribert, n’est-ce pas ? C’est juif, ça, comme nom, non ? Donc, il pourrait l’être. Donc, il l’est. N’importe quel site recensant les Juifs qui dominent la France -et le monde- vous le confirmera.
Vous doutez encore ? Observez donc le nom de sa nouvelle compagne : Valérie Trieweiler. Or, tout le monde sait que les Juifs se marient entre eux. Deuxième preuve. Certes, si on creuse un tout petit peu, on découvre que « Trieweiler » est le nom de son mari, à Valérie.
Et que son nom de jeune fille est Massonneau, plus français de souche que ça… Oui, mais son mari, Denis Trieweiler ? C’est juif, ça, Trieweiler. Ou alsacien. Allemand. Autrichien. Et même si : elle a divorcé, il y a donc prescription. Et donc voilà : François Hollande est un homme intelligent, de gauche, empli d’humour, il fréquente une « shiksè »** presque blonde et pourtant, il n’est pas « des nôtres ». Ah, le monde est bien mal fait, allez…
*CRIF : l’équivalent de notre CCOJB
**Femme non juive.