On se doutait qu’on n’allait pas s’ennuyer pour l’élection du député de l’étranger dans la 8ème circonscription qui comprend, entre autres, Israël. On n’est pas déçu.
Rappel des épisodes précédents : lors des législatives de juin 2012, c’est la socialiste française Daphna Poznanski qui avait été élue député de la 8èmecirconscription des Français de l’étranger (Turquie, Malte, Italie, Grèce, Saint-Marin, Saint-Siège, Chypre, et Israël).
Las, en février, le Conseil constitutionnel a invalidé l’élection. Retour aux urnes donc. En théorie, comme les Français (juifs) d’Israël sont les plus nombreux et, comme ils votent (très) à droite, c’est donc le candidat RPR qui devrait passer.
Sauf que la majorité d’entre eux ont fait leur alyah et ne sont plus intéressés : 93% ne votent donc pas. Et ceux qui le font divisent leurs voix entre une pléthore de candidats. Au contraire des expatriés des autres pays qui se sentent davantage concernés.
C’est donc chez eux que l’élection se joue. Le PS l’a bien compris qui, après consultations de ses militants, a désigné comme candidate Marie-Rose Koro, installée à Istanbul. De même, les Ecolos qui présentent Pierre Jestin (Italie).
De son côté, le RPR hésite : la candidate « naturelle » est la sortante Valérie Hoffenberg mais elle a été battue et semble trop « modérée » pour la droite israélienne. Celle-ci préfèrerait de loin l’avocat Gilles-William Goldnadel, ultra-sioniste avéré.
Sans oublier, l’ancien suppléant de V. Hoffenberg, Alexandre Bezardin qui propose de faire l’impasse sur les électeurs israéliens pour livrer bataille en Italie. Le RPR devrait trancher le 11 mars.
Mais ces candidatures n’arrangent guère certains Français d’Israël qui rejettent les « parachutés parisiens » au profit de gens du cru comme David Shapira, installé dans la colonie de Bet El ou le journaliste Albert Fratty qui habite Netanya.
Impossible aussi de ne pas évoquer la plus médiatique des candidates : Véronique Genest, connue pour son rôle dans « Julie Lescaut », un feuilleton qui eut son heure de gloire sur TF1 et qui a commencé très fort sa campagne.
Invitée dans une émission de télévision*, elle a expliqué son entrée en politique par un lapidaire : « Je suis un étron libre ». De mauvais esprits en ont immédiatement déduit qu’elle avait jeté un œil sur le site du candidat dont elle est la suppléante, Jonathan-Simon Sellem
Sans oublier Rika Zaraï et Arthur
Celui-ci est en effet le fondateur d’un site portant ses initiales (« JSS News ») dont on ne peut prouver qu’il est financé par Avigdor Lierberman, le chef du parti ultranationaliste Israël Beteinu mais qui mériterait certainement de l’être.
Il reflète en effet avec fidélité tant les positions que le ton de l’actuel ministre des Affaires Etrangères israéliennes: grossier, brutal, raciste, phallocratique. Ce qui explique probablement le succès du site auprès des Juifs français.
Mais, bien sûr, cela n’a rien à voir : Véronique Genest n’a aucun souci avec les idées de Sellem. Elle partage avec lui la peur et la haine de l’islam –et donc des Arabes- N’a-t-elle pas déclaré sur une radio en septembre dernier :
« Ce soir, je fais mon coming-out. Oui, probablement que comme beaucoup de Français, je suis islamophobe ». Elle a donc simplement commis un lapsus en voulant dire « Je suis un électron libre »…
Sa présence suffira-t-elle à mener son candidat à la victoire ? En Israël même, ce n’est pas impossible. Dans les autres pays de la circonscription « d’Europe du Sud », c’est certainement moins évident.
Sans oublier que cette candidature pourrait donner des idées à d’autres vedettes. Roger « Navarro » Hanin a des soucis de santé mais qui sait si Rika Zaraï ou Arthur… Déjà riche, le le débat d’idées ne manquerait pas d’y gagner encore en densité
*http://www.ozap.com/actu/veronique-genest-je-suis-un-etron-libre/445877
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