Hanoucca, Noël, l’Aïd… le CCLJ plante la graine du respect

Ce sont plus de 200 enfants des écoles primaires bruxelloises qui ont fait le déplacement au CCLJ ce jeudi matin pour en savoir plus sur la fête juive de Hanoucca, mais aussi Noël et l’Aïd-el-Kebir. Désormais une tradition dans le cadre du programme « La Haine, je dis NON ! », pour mieux se connaitre et construire des ponts.

Ils étaient particulièrement nombreux ce 11 décembre 2014 à se retrouver au Centre communautaire laïc juif David Susskind. Des élèves de 5e et 6e primaires, âgés de 11-12 ans, venus de l’Institut Saint-Vincent (Anderlecht), de l’Athénée Adolphe Max (Bruxelles) et de  l’Ecole du Tivoli (Laeken) pour partager l’histoire de Hanoucca, qui sera célébrée du 16 au 24 décembre, mais aussi pour évoquer Noël et l’Aïd-el-Kebir, et ainsi toucher tous les publics.

C’est par une distribution générale de souvganiot (beignets à la confiture, au chocolat ou à la crème mangés à Hanoucca) que la matinée débutera, avant d’inviter les enfants à écouter l’histoire de chacune des fêtes. Dans l’ordre d’apparition des religions, Liora Gancarski reviendra d’abord sur la volonté du roi grec Antiochus d’interdire aux Juifs la pratique de leur culte, la révolte des Maccabim, avant d’expliquer le miracle de Hanoucca, qui a permis à une petite fiole d’huile prévue pour brûler un jour de tenir 8 jours durant ! Sans oublier la signification de la menorah, de la hanouccia, ou des toupies, auxquelles les enfants jouent pendant cette fête. Elena Martino viendra ensuite présenter la fête de Noël, évoquant la naissance de Jésus, les images et les traditions qui y sont liées. Hamid Benichou expliquera pour sa part le comment et le pourquoi de l’Aïd-el-Kebir, la pratique et les obligations des musulmans indiquées par le Coran, tout en rappelant : « Juifs, musulmans ou chrétiens, il n’y a aucune différence entre nous dans cette salle, nous sommes tous les fils d’Abraham ».

Et le conflit dans tout ça ?

Très attentifs pendant les exposés, les enfants se montreront particulièrement enthousiastes lors de la séance de questions-réponses. « Quelle est la définition de Hanoucca ? » « Qui doit égorger le mouton ? Pourquoi donne-t-on des cadeaux à Noël ? » « A qui le mouton doit-il être distribué une fois découpé ? » « Faut-il décorer le sapin ? » Ou encore : « J’ai un ami qui fait les trois fêtes, est-ce qu’on a le droit ? » « Pourquoi les parents racontent que le Père Noël existe alors que c’est faux ? » Pas toujours facile de répondre à des interrogations bien légitimes…

L’incontournable question sera celle qui aurait pu provoquer un tout autre débat : « Comment est venue la guerre entre Israël et la Palestine ? » A quoi, la maitresse de séance, Véronique Ruff, conseillère pédagogique du Centre d’éducation à la Citoyenneté répondra simplement : « Notre objectif est de montrer qu’il est possible d’être assis tous ensemble, de discuter et de partager, de trouver des points communs et de construire des ponts au-delà de nos différences. Certains, c’est vrai, pensent qu’ils réussiront à se faire comprendre en utilisant les armes et en imposant leurs idéaux. Nous espérons être parvenus à planter chez vous la graine du respect et nous comptons sur vous pour que vous continuiez à l’arroser ».

Huit enfants monteront ensuite sur scène pour allumer les bougies de la hanouccia, avant une distribution de toupies et la traditionnelle photo de groupe. « J’ai trouvé les messages des différents intervenants très respectueux des trois religions et encourageant chacun l’entraide, c’est ce que nos enfants doivent retenir », confiait Nadia Idmouch, enseignante à Adolphe Max, venue avec trois classes de 6e. La préparation des élèves par les animatrices du CCLJ quelques semaines avant l’événement auront permis à ces enfants issus de quelque 40 nationalités différentes de mieux comprendre certaines informations diffusées par les médias ou entendues à la maison. Même satisfaction chez José Donaire, instituteur à l’Ecole du Tivoli. « Nos élèves étaient en demande de mieux connaitre l’autre, cette rencontre au CCLJ était presque attendue avec impatience », affirme-t-il, « surtout par les temps qui courent et les situations souvent conflictuelles auxquelles nous assistons ». « Nos classes comptent une population majoritairement musulmane, c’était important d’aborder les trois religions », confiera Madame Sylvie, de Saint-Vincent. Nous laisserons les mots de la fin à Nadia Idmouch : « Le respect est quelque chose de tellement abstrait. C’est une très bonne idée de proposer ce genre de rencontres à cet âge-là, ils sont en âge de comprendre que même s’il y a des guerres dans le monde, nous pouvons essayer à notre niveau que tout se passe bien, en dialoguant ».

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