En Belgique, ce fut dernièrement la Synagogue Beth Hillel qui fut taguée : « A mort les Juif. Boum ! »… En France, le phénomène se produit également et à intervalles réguliers. A Argenteuil, en banlieue parisienne, ce ne furent ainsi pas des tags, mais bien une attaque armée qui s’est déroulée il y a peu : une voiture a ralenti à l’approche de l’édifice, a tiré plusieurs salves de balles à blanc, avant d’accélérer et de prendre la fuite.
A l’occasion des fêtes de Souccot, la police française est donc sur les dents. Les fidèles, eux, réfléchissent parfois à deux fois avant d’aller prier à la Synagogue. Un vaste coup de filet dans les milieux intégristes islamistes a eu lieu aux quatre coins de la France. On a retrouvé chez l’un des suspects les plans de plusieurs synagogues du 92 (Hauts-de-Seine), ainsi que les coordonnées des associations juives les plus visibles… Inquiétant. A Paris et ailleurs, de plus en plus de Juifs se disent que quelque chose est en train de changer en France. Préoccupés, ils commencent à envisager leur avenir ailleurs, peut-être une alyah ou bien l’exil, quelque part en Europe, au Canada ou en Amérique… Les Juifs de France se remettent dans la tête leur antique condition de « Juifs errants ». C’est mauvais signe… Déjà, ils s’étaient regroupés. Ils ont, pour leur immense majorité, quitté les quartiers difficiles pour se retrouver ailleurs, ne plus être seuls et bénéficier de la protection du nombre… Il n’y a qu’à voir ce qu’est devenu le bourgeois 17e arrondissement de la capitale, hier très « vieille France », pour s’en persuader : multiplication des synagogues, bourgeonnements de restaurants cashers et d’écoles juives. Les conséquences de cette redistribution des cartes ne disent rien qui vaille. Le fonctionnement de la communauté juive de France se fait de façon de plus en plus autarcique. Cette mise en retrait par rapport à la société française, souvent forcée, met mal à l’aise.
Peut-être bien que les choses changent. Mais peut-être finalement qu’elles restent éternellement identiques. Etre juif en diaspora a toujours été un combat. Cela a toujours signifié endurer les pogroms, les accusations calomnieuses, la mise au ban par la collectivité, le racisme et la suspicion populaire. Après la Seconde Guerre mondiale, la France est repartie sur de nouvelles bases. Elle a donné à ses Juifs la chance de s’intégrer pleinement à la société et de prospérer. Nous lui devons énormément et nous ne devons pas le perdre de vue à l’heure ou les difficultés apparaissent. Le vivre-ensemble est un combat. Ne baissons pas les armes ! Continuons à jouer le jeu de l’intégration formidablement réussie !
Cela vaut le coup d’être « heureux comme un Juif en France »…
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