Idan Raichel a envoûté Bruxelles

C’est le projet d’un seul homme, mais un homme bien entouré. Un projet qu’ils étaient sept à défendre jeudi soir au Centre culturel d’Uccle : Idan Raichel au piano, et six autres musiciens et chanteurs originaires d’Israël, d’Ethiopie ou d’ailleurs. Ensemble, ils ont fait vibrer la salle au rythme d’une musique ethnique venue des quatre coins du monde. Un concert envoûtant, organisé par l’Organisation sioniste de Belgique (OSB).

C’est avec un peu de retard, mais devant une salle presque comble, qu’Idan Raichel a donné le coup d’envoi du concert. Le dernier de la tournée, a-t-il confié entre deux morceaux, avant de présenter au public ceux avec qui il partageait la scène. « Ce soir est un soir particulier : nous allons laisser éclater devant vous la joie qui est la nôtre à l’idée de retrouver notre chez-nous demain, après plusieurs semaines de concerts à l’étranger ». Sincère, la confidence ajoute une touche intimiste à l’événement. Et lorsque les musiciens mêlent leurs voix au son de leurs instruments, et les accompagnent d’un pas de danse, le mal du pays rapidement évoqué s’efface devant l’évidence : les voyages et le métissage qui en résulte, c’est l’essence même du Idan Raichel Project.

Allure décontractée et énorme paquet de dreadlocks sur la tête, Idan Raichel est né il y a trente-quatre ans dans une petite ville à proximité de Netanya. Attiré dès le plus jeune âge par la musique tsigane, il commence à jouer de l’accordéon à 9 ans, puis explore à l’adolescence l’univers du jazz. Après son service militaire, Idan travaille comme éducateur dans un centre d’accueil pour nouveaux migrants. Il s’y lie d’amitié avec de jeunes Falashas qui lui font découvrir la culture et la musique éthiopienne.

Projet personnel et collectif

Fort de quelques concerts en solo, mais surtout d’une grande expérience en studio, Idan se lance en 2002 dans un projet qui lui tient particulièrement à cœur. Il enregistre dans la cave de ses parents une maquette à laquelle collaborent pas moins de 70 musiciens israéliens aux influences multiples. La qualité des arrangements permet à Idan d’être repéré par un label qui lui offre la possibilité d’enregistrer un album. Le titre « Bo’ee », véritable tube, le propulse instantanément sur le devant de la scène. Puisqu’il lui est impossible de réunir en live tous les artistes qui ont collaboré au disque, Idan en choisit quelques-uns pour l’accompagner en concert. Tous sont à la fois polyvalents et des musiciens à part entière, qui dévoilent leur personnalité à tour de rôle, sans qu’aucun ne passe devant les autres. Le résultat dépasse les espérances : plus de 500.000 disques vendus dans le monde.

Savoureux métissage musical

Réfutant l’étiquette de groupe tout en revendiquant la paternité des chansons et des arrangements, Idan Raichel voit plutôt son projet comme une sorte de collaboration musicale harmonieuse et égalitaire, où quelle que soit sa culture d’origine, chacun trouve sa place. Ainsi, l’hébreu répond à l’arabe, à l’espagnol ou même au créole, tandis que les rythmiques sud-américaines s’unissent aux percussions africaines ou aux sonorités moyen-orientales. Résolument ethnique, the Idan Raichel Project-Acoustic offre un savoureux mélange de musiques des quatre coins du monde. En dix ans d’existence, il a rassemblé plus de 90 artistes de différentes générations, régions, cultures, et religions. Un message d’ouverture à l’autre et de métissage culturel qui a valu au spectacle d’être présenté lors de la remise du prix Nobel de la paix en 2010.

Plus d’infos : http://www.idanraichelproject.com/en/

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