Ils pleurent Charlie Hebdo après l’avoir traité de raciste !

Ils ont traîné dans la boue Charlie Hebdo pendant de nombreuses années en le présentant comme un journal islamophobe et raciste. Aujourd’hui, ils ont le culot de participer à l’organisation d’une manifestation bruxelloise en la mémoire des journalistes assassinés.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Déjà dans les années 1930, Staline avait pris l’habitude d’assister en pleurant à chaudes larmes aux obsèques de personnes qu’il avait fait assassiner.

Quand on voit des personnalités et des associations ayant lutté avec acharnement pour faire passer Charlie Hebdo pour un rassemblement de racistes antimusulmans saluer la mémoire des journalistes assassinés, on a le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond dans notre petit royaume.

Ainsi, Henri Goldman, rédacteur en chef de Politique, membre actif de Tayush et de l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB), figure parmi les chevilles ouvrières de la manifestation bruxelloise intitulée « Marche citoyenne contre la haine et pour la liberté d’expression ».

Pourtant, Henri Goldman ne s’est jamais privé d’accréditer l’idée selon laquelle Charlie Hebdo était un vecteur de haine des musulmans. En décembre 2012 il n’hésitait pas à reprendre à son compte les charges lancées contre Charlie Hebdo : « Il y a quelque chose de pathétique à la dernière initiative racoleuse de Charlie Hebdo qui veut refaire de façon compulsive le coup des caricatures danoises. Heureusement, Pavlov était fatigué et la riposte n’a pas été à la hauteur des espoirs secrets de la gazette satirique. Comme on peut le lire sur le site musulman Oumma.com , « la raillerie version Charlie Hebdo […] n’a pas réussi à entraîner le reste de la société française dans son funeste néant humoristique ». On respire ». Maintenant que la rédaction de Chalie Hebdo est privée de ses grandes plumes, on imagine que ses détracteurs les plus acharnés respirent enfin.

Il est également surprenant de voir le Collectif contre l’islamophobie en Belgique (CCIB) parmi les organisateurs de cette manifestation. Quand on prend la peine de lire ce que leurs militants ont pu écrire sur Charlie Hebdo, on s’interroge sur la sincérité de leur participation à ce type de manifestation. Très présent sur le stand du CCIB lors de la dernière foire musulmane de Bruxelles, Mohsin Mouedden écrivait en février 2006 que « le journal Charlie Hebdo lui aussi fait de la surenchère en publiant des caricatures insultantes pour provoquer et inciter les musulmans à réagir émotionnellement. Son rédacteur en chef, un provocateur pathologique de premier plan à des idées ultra droitières sur l’islam et les musulmans. Cette occasion offerte prouve combien la liberté d’expression est instrumentalisée à souhait par certains journaux, médias, rédacteurs en chef, irresponsables et haineux ».

Non seulement ils versent des larmes de crocodiles pour des journalistes et des dessinateurs qu’ils ont diabolisés mais ils n’ont aucun scrupule à évacuer une dimension particulièrement présente dans les événements tragiques de cette semaine : l’antisémitisme. Pas un mot sur ce fléau alors qu’une supérette juive cachère a été la cible de ces islamistes. Quatre personnes y ont été tuées.

Ils ne parlent pas des victimes juives de ces tueurs islamistes mais ils passent leur temps à déclarer qu’il faut lutter contre la haine ! Pourquoi pas, mais comment et avec qui ? Ce n’est pas en invitant des prédicateurs islamistes ni en faisant passer les Frères musulmans pour des modérés qu’ils y arriveront.

Au lieu de récupérer le mouvement de soutien à Charlie Hebdo à leur profit, tous ces adeptes de la lutte contre l’islamophobie de Charlie Hebdo devraient plutôt s’interroger sur les graines de la haine qu’ils ont semées. N’ont-ils pas entendu ou lu les réactions terribles de certains élèves de primaire et de secondaire lorsqu’on leur demande ce qu’ils pensent de cette tuerie ? Pour ces jeunes, cet événement est grave mais… les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo n’ont que ce qu’ils méritent, ils ont insulté l’islam et son prophète.

Même assassinés par des fondamentalistes religieux, l’anathème d’islamophobe reste collé à Charlie Hebdo alors que ce journal a toujours lutté inlassablement contre le racisme et l’antisémitisme dans une perspective universaliste.

Dans cette mascarade, il y en a un qui se montre cohérent, mais qui révèle son vrai visage : Tariq Ramadan. Le prédicateur suisse refuse de partager le slogan « Je suis Charlie ». En novembre 2011, n’avait-il pas qualifié Charlie Hebdo « d’humour de lâche » alors qu’on venait de faire sauter les locaux du journal satirique !

La meilleure manière de rendre hommage à toutes les victimes des tueries de cette semaine, c’est de commencer par rappeler haut et fort les raisons pour lesquelles elles ont été tuées. Les premières parce qu’elles tournaient en ridicule le fondamentalisme religieux et les secondes parce qu’elles étaient juives. 

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