Israël : comment la droite dure s’est tiré une balle dans le pied

Aussi impossible à perdre pour la droite que le XVIe arrondissement de Paris. Telle était la  8e circonscription des Français de l’étranger. Certes, elle comprend l’Italie, Saint Marin, le Saint Siège, Malte, la Grèce, Chypre, la Turquie, les Territoires palestiniens…

Mais c’est Israël qui y fait l’élection : 62.000 des 110.000 électeurs potentiels de la 8e sont des Franco-Israéliens. Et Nicolas Sarkozy n’y a-t-il pas obtenu 80,5 % au premier tour de la présidentielle et 92% au second ?

Sauf que la droite franco-israélienne, fidèle à elle-même, s’est divisée entre plusieurs candidats se haïssant cordialement, dont l’ineffable Philippe Karsenty*. Qui plus est l’extrême droite a pourri la campagne par ses excès verbaux et ses calomnies.

Problème supplémentaire, ces candidats n’ont accordé qu’une attention limitée aux électers non Israéliens, qui représentaient pourtant plus de 40 % des voix. Bref, seules les candidates des deux grands partis ont survécu au1er tour.

A savoir, Valérie Hoffenberg pour l’UMP et Daphna Poznanski au nom du PS. Pas assez pour calmer les tenants de la droite dure. Guidés par un Ph. Karsenty, remonté comme un coucou contre Mme Hoffenberg, ils ont appelé à voter pour la candidate de gauche.

Résultat de cette habile stratégie, une double défaite : d’abord, en Israël même, les électeurs ne les ont pas écoutés et ont permis à la candidate UMP de l’emporter par 1.888 voix (61%) contre 1.204 (39%) à la socialiste.

Ensuite, Daphna Poznanski a recueilli 4.171 voix dans l’ensemble de la circonscription (contre 2.818 à Valérie Hoffenberg). C’est donc, elle, une socialiste qui représentera les très droitiers Juifs francophones d’Israël au Parlement…  

* « Philippe Karsenty : la baudruche s’est dégonflée » (http://www.cclj.be/article/3/3229)

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