Israël : la guerre du feu

41 morts, 15.000 réfugiés, des milliers d’hectares dévastés. Israël subit le pire incendie de son histoire.

 
« Une tempête de feu », « une torche gigantesque », « une catastrophe nationale », « un désastre sans précédent »… Les mots manquent aux Israéliens pour décrire le catastrophique incendie qui ravage le Mont Carmel, près de Haïfa au nord du pays.
 
Le sinistre qui a éclaté hier, 2 décembre, et qui n’est toujours pas sous contrôle, menace de détruire complètement la « Petite Suisse » d’Israël, comme on nomme parfois cette région montagneuse et boisée. « Si nous n’obtenons pas rapidement de l’aide, le feu ne s’arrêtera qu’aux rives de la Méditerranée », a averti le porte-parole des pompiers de Haïfa.
 
Comment un tel drame a-t-il pu se produire ? D’abord à cause des circonstances climatiques : Israël (et toute la région) souffre d’une sècheresse inhabituellement forte depuis au moins huit mois. Le mois de novembre a été le plus sec jamais enregistré depuis 60 ans avec une température moyenne de 32 degrés. Il suffisait d’une étincelle…
 
Celle-ci pourrait-elle être d’origine criminelle ? Comme toujours en pareil cas, la rumeur court : il y aurait eu trois départs de feu distincts… C’est un coup des Palestiniens… Non, une dispute entre propriétaires terriens… A ce stade, nul n’a vraiment de réponse et de toute façon, la question n’est pas vraiment d’actualité.
 
Ce qui est avéré, c’est que le feu s’est déclaré près de la localité druze d’Ossefiya et s’est rapidement propagé vers le kibboutz Beit Oren, qu’il a détruit en partie. Plusieurs autres localités ont ensuite été ravagées par les flammes : Guivat Wolfson, Ussafiya, Daliat El Carmel, le célèbre village d’artistes d’Ein Hod, Nir Etzion, etc.  De même qu’un hôpital psychiatrique et la prison de Damon.
 
Un matériel insuffisant et obsolète
 
C’est d’ailleurs en se rendant dans cette prison qu’un car convoyant des gardiens de prison juifs et druzes a été encerclé par les flammes. Ensuite, racontent des témoins, « il a été frappé par une boule de feu, comme une bombe au napalm ». Bilan : 35 morts.
 
Face à tous cela, les Israéliens ont réagi comme ils ont pu : le pays n’est tout simplement pas en état d’affronter une telle crise. Il ne compte que 1.500 sapeurs-pompiers professionnels dotés d’un matériel obsolète. Alors, on a improvisé, par exemple en empruntant des « Canadairs » à des sociétés privées. Des unités de l’armée (Golani, Kfir) et du génie ont été envoyés en soutien ainsi que des hélicoptères.
 
Mais tout cela restait nettement insuffisant, comme l’a très vite constaté le gouvernement israélien qui a immédiatement fait appel à l’aide extérieure,  La France a été la première à répondre, puis Chypre et la Grèce. D’autres pays ont suivi : la Bulgarie, l’Espagne,  l’Italie, l’Egypte, la Jordanie et l’Allemagne et même la Turquie, dont les relations avec Israël sont pourtant au plus bas en ce moment.
 
A quoi il faut ajouter la Russie, l’Azerbaïdjan, la Croatie, la Roumanie et la liste n’est pas close. Une solidarité qui mettra sans nul doute un peu de baume au cœur des Israéliens et mettra peut-être quelque peu à mal leur croyance persistante que « le monde entier est contre nous »…
 
Autre note quelque peu réconfortante : si improvisée et chaotique qu’ait été l’évacuation, elle ne s’est pas si mal déroulée que cela. En fait, s’il n’y avait eu le terrifiant accident du car, les pertes en vies humaines auraient été des plus réduites face à un sinistre d’une telle ampleur…
 
Pouvons-nous faire quelque chose ?
 
La catastrophe du Mont Carmel dépasse de loin toutes les divergences politiques. Le CCLJ est bien évidemment solidaire des victimes et participe au chagrin de ceux qui ont perdu un être cher.
 
Pouvons-nous, pouvez-vous faire quelque chose pour aider Israël ? Concrètement, pas réellement. Le Magen David Adom (Croix Rouge israélienne) et les Représentants de l’Etat juif sont là si le pays a besoin d’une aide éventuelle.
A tout le moins, ce site peut-il évoquer la mémoire des dix premières victimes identifiées et qui ont été inhumées aujourd’hui même. Voici leurs noms et le peu que nous savons d’elles :
 
Biber Shadi, 35 ans, marié et père d’un enfant, du village de J’at
Maor Ganon, 29 ans, marié et père d’un enfant, de Gan Yavné
Yakir Suissa, 28 ans, de Dimona
Kfir Ohanna, 30 ans, marié et père d’un enfant, d’Ofakim
Siyoum Tsagui, 31 ans, marié et père de trois enfants, de Netivot
Oshrat Pinto, 20 ans, de Tsfat
Haggaï Journo, 28 ans, marié et père d’un enfant, de Kiriat Gad
Tapesh Adel, 33 ans, marié et père de deux enfants, de Bet J’an
Eran Wiesel, 31 ans, marié et père d’un enfant, de Kiriat Bialik
Topaz Even-Hen Klein, 28 ans, de Rehovot
 
Et sinon ? Peut être ouvrir une sorte de « Livre de condoléances » dans lequel, vous pourriez, si vous le désirez, transmettre des messages aux Israéliens que le destin frappe si durement en ce moment.
 
Nous les publierons au fur et à mesure de leur arrivée et nous les transmettrons ensuite en totalité à l’Ambassade d’Israël. Cela non plus, ce n’est pas beaucoup mais pour qui souffre, la plus petite marque d’amitié peut être réconfortante…
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