Israel loves Hollande

Accueilli avec les honneurs par les autorités israéliennes, le Président français François Hollande passe désormais pour un « ami sincère » d’Israël.

François Hollande a terminé ce mardi la dernière journée de sa première visite d’Etat au Proche-Orient en s’inclinant, au cimetière de Givat Shaoul (Jérusalem) devant la tombe des victimes de l’attentat antisémite du 19 mars 2012 à Toulouse. Il s’est ensuite rendu à Tel-Aviv pour y recevoir la communauté française.

Que retenir de cette tournée ? D’abord, que les relations franco-israéliennes n’ont jamais été aussi bonnes depuis longtemps. Car Hollande n’est pas venu seul. Il était accompagné de six ministres et secrétaires d’Etat, de représentants de la communauté juive de France et de J Call, ainsi que d’une importante délégation du patronat français.

« On se serait cru revenu au bon vieux temps des années 1948-67, lorsque l’Hexagone assurait la défense du jeune Etat juif, l’axe Paris-Jérusalem semblait solide », affirme l’ex-député travailliste Daniel Ben Simon.

Contrairement à se qui se passe dans son pays où chacune de ses prises de position accentue son impopularité, le Président français bénéficiait d’un préjugé favorable lorsqu’il a posé le pied sur la piste réservée de l’aéroport international Ben Gourion. Parce qu’il avait envoyé ses troupes combattre les jihadistes au Mali et qu’il était prêt à intervenir militairement en Syrie si Barack Obama n’avait pas fait marche arrière au dernier moment. Mais également parce que les relations entre Jérusalem et Washington se sont tendues en raison de divergences sur le dossier du nucléaire iranien. Fort logiquement,  Hollande, qui est également en froid avec la Maison-Blanche depuis que les Etats-Unis l’ont laissé tomber a propos de la Syrie, a profité de cette conjonction diplomatique favorable pour tenter de conforter la présence française dans la région.

Pour cela, il lui a suffi de répéter sur tous les tons que son pays s’opposera à la levée des sanctions frappant l’Iran « tant que ce pays n’aura pas démontré qu’il démantèle son potentiel nucléaire de manière irréversible ». Et qu’il « ne transigera pas ». Des propos avalés comme du petit lait par Benjamin Netanyahou,  par ses ministres, et par la majorité des commentateurs de la presse israélienne pour lesquels Hollande est désormais « un ami sincère, un homme de confiance ».

Le courant passe

Certes, au cours d’un crochet de quelques heures à Ramallah (Autorité palestinienne), le Président français a rappelé que Paris « demande la fin définitive de la colonisation » et qu’il se prononce en faveur deux Etats vivant en paix côte à côte. Des propos qu’il a répétés ensuite à la tribune de la Knesset, en ajoutant que l’Etat palestinien devrait être « viable économiquement » parce que cela garantirait la sécurité d’Israël mieux que n’importe quelle opération antiterroriste.

Une surprise pour Netanyahou et pour les faucons formant la majorité de son gouvernement ? Pas vraiment. En réalité, ministre s’attendait à des critiques bien plus acerbes. Car, à propos de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est (la partie arabe de la ville), Hollande n’a finalement rien énoncé d’autre que ce que ses prédécesseurs et tous les visiteurs de marque européens et américains de passage dans l’Etat hébreu ont déjà déclaré avant lui.

A priori, Netanyahou et Hollande n’avaient rien pour s’entendre, mais le courant semble passer entre eux. Sans doute parce que l’intérêt des deux pays le nécessite : Israël est en effet à la recherche d’alliés soutenant son combat contre la levée des sanctions frappant l’Iran, et la France a besoin de nouveaux marchés à fort potentiel pour ses entreprises exsangues. Au-delà des grandes questions diplomatiques, les membres de la délégation française et leurs interlocuteurs israéliens ont d’ailleurs beaucoup parlé « business » en coulisse. Des projets de coopération en matière de cybersécurité, de commerce électronique, ainsi que de traitement et d’épuration des eaux dans plusieurs pays du Tiers Monde sont d’ores et déjà à l’ordre du jour.

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