On a toujours plaisir à évoquer « l’autre Israël », celui qui, comme ici, s’investit dans la guerre contre le cancer, celui de l’intelligence, de l’ouverture, du progrès. Comme un retour à la normale, loin des bigots rétrogrades et des nationalistes braillards qui sévissent aujourd’hui
Ce n’est pas se vanter que d’affirmer qu’Israël est un des pays les plus avancés dans le domaine des technologies de pointe. L’Etat juif est, par exemple, un pays pionnier en matière de nanotechnologies*
Or celles-ci joueront d’ici peu un rôle similaire à celui des puces d’ordinateur : leur champ d’application concernera tout le monde dans tous les domaines, depuis les vêtements jusqu’aux maquillages en passant par la médecine.
Et, précisément, Israël multiplie les succès en utilisant des nanotechnologies dans les sciences de la vie. Une des plus connues est la « nanoencapsulation » qui permet d’envoyer des molécules placées dans une nano capsule exactement où il le faut.
Ces nanotechnologies devraient permettre d’immenses avancées dans la lutte contre le cancer : on devine aisément à quel point la chimiothérapie sera optimisée lorsqu’elle ne détruira plus que les cellules malades.
Mais il sera aussi possible de détruire des tumeurs cancéreuses en injectant des nanoparticules dans le sang des malades. Sans parler des diagnostics beaucoup plus précoces que les nanotechnologies devraient permettre.
Tout cela ouvre des perspectives « proches de la science-fiction », comme l’assure un spécialiste en la matière qui précise qu’Israël est une «superpuissance » dans le domaine des nanotechnologies.
D’un côté, on a donc des scientifiques israéliens qui se battent pour sauver des vies humaines. Et de l’autre, l’actuel gouvernement qui semble être engagé, dans un combat contre la qualité de vie de la population, y compris dans le domaine de la santé.
Voici des mois qu’un conflit oppose le personnel des hôpitaux publics et le Ministère des Finances. Les premiers dénoncent une dégradation continue des soins: trop peu de personnel, trop mal payés, pas assez de lits, de matériel médical.
Soutien de la population, démissions, grèves, négociations, rien n’y fait. Le Trésor, refuse toute concession au nom de son credo ultra-libéral: le service public, hôpital y compris, doit être démantelé. Et tant pis si les plus pauvres ne peuvent plus se soigner.
«L’admirable travail du chef du gouvernement »
Et il est inutile que les grévistes se tournent vers leur autorité de tutelle : le vice-Ministre** de la Santé, l’ultra-orthodoxe Yaacov Litzman, est tout à fait d’accord avec le ministère des Finances.
Mais qu’en pense l’ultime recours, le Premier Ministre ? Et bien, selon le directeur du Ministère de la Santé, Benjamin Netanyahou aurait envisagé « d’importer « des médecins indiens pour briser la grève des praticiens israéliens.
Notons que cette révélation a mis en colère le Premier. Du coup, le fonctionnaire a dû publier un démenti vantant « l’admirable travail du chef du gouvernement en faveur du système médical ».
Ce qui n’a pas empêché quelques médecins de brandir une photo de ce dernier portant un turban et ce slogan : « Et si on importait un Premier ministre d’Inde ? ». En attendant cette solution, qui mérite sans nul doute réflexion, on ne peut qu’espérer que l’Israël de demain survivra à celui d’avant-hier …
*Les nanotechnologies étudient et fabriquent des matériaux de quelques dizaines de nanomètres. Lequel, pour rappel, équivaut à un milliardième de mètre
**M. Litzman est membre du parti «Judaïsme de la Torah » qui ne reconnait pas Israël. Ses membres refusent donc de prêter serment à l’Etat comme doit le faire tout ministre. Du coup, ils doivent se contenter du titre de « Vice… ». Comme toujours chez ces gens là, la lettre est plus importante que l’esprit
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