Ainsi le VRAI nom de Jack l’Eventreur est Aaron Mordke Kozminski et c’était un Juif polonais. L’ADN a parlé et l’ADN ne ment pas. Quoique….
Bien que la concurrence soit rude dans ce domaine -même sans prendre en compte les militaires- Jack l’Eventreur est sans nul doute le tueur en série le plus célèbre du monde. Par le nombre de ses victimes : cinq prostituées (plus trois non avérées).
Par l’atrocité des mutilations qu’il fit subir à leurs cadavres. Pour la brièveté de sa carrière criminelle : d’août à novembre 1888. Parce qu’il fut un des premiers tueurs à « médiatiser » ses crimes.
Et surtout parce que, 126 ans plus tard, on n’a pas la moindre foutue idée de qui il s’agissait. C’est dire, si l’intérêt fut grand lorsque, ce 7 septembre, Russell Edwards, un homme d’affaires anglais annonça* avoir identifié, analyse ADN à l’appui, le célèbre tueur.
D’après lui, il s’agit d’Aaron Mordke Kozminski, un Juif polonais né en 1865, qui avait émigré en 1882 à Londres où il était barbier. Et il habitait à Whitechapel, le quartier où ont été commis les cinq crimes.
Scotland Yard, qui le considérait comme suspect, l’avait arrêté et un témoin avait même déclaré l’avoir vu en compagnie d’une des victimes avant de se rétracter. Du coup, la police avait été contrainte de le relâcher mais n’en pensait pas moins….Et bien, elle avait raison.
R. Edwards explique qu’il a acheté en 2007 un châle ensanglanté ayant appartenu à Catherine Eddowes, une des prostituées tuées par l’Eventreur. Et que passionné par le mystère, il a décidé d’analyser ce sang. Mais où chercher ?
Il focalisa rapidement ses recherches sur Kosminski. Il obtint non sans mal un échantillon d’ADN d’une descendantes de la sœur du suspect. Il ne restait plus qu’à comparer. Et bingo : les deux échantillons sont similaires.
Voilà, l’affaire est pliée. L’ADN ne ment pas et 126 après les faits, la vraie identité de l’Eventreur est avérée. Quoique. Certes, l’ADN dit toujours la vérité…. Si c’est le bon. Ce qui n’est pas (tout à fait) évident.
Déjà, il n’y a aucun châle dans la liste des possessions de Catherine Eddows dressée par Scotland Yard . Réponse d’Edwards : le châle a été volé par le policier Amos Simpson qui voulait en faire don à sa femme.
Riposte d’un spécialiste de Jack l’Eventreur : ce policier ne travaillait pas à Londres durant la période des crimes… Autre point : des experts en génétique affirment qu’après si longtemps, on n’a pu recueillir qu’un ADN mitochondrial.
Un Juif, le coupable idéal
Lequel permet d’éliminer certains suspects mais non d’en désigner un en particulier puisque 10% de la population peut le posséder. Ils rappellent aussi qu’on avait connu un problème similaire en 2002 avec le peintre Walter R. Sickert dont l’ADN correspondait à celui des lettres de l’Eventreur
Et qu’en 2006, l’ADN avait aussi « prouvé » que l’Eventreur était une éventreuse, une certaine Mary Pearcey, Hum, certains parmi vous, lecteurs et néanmoins amis, hochent la tête avec componction. Ils subodorent qu’on chipote parce que l’Eventreur serait juif. Ils n’ont pas tout à fait tort.
Ceci étant, en consultant la liste des suspects *, on est tout de même frappé par le nombre de Juifs qu’elle contient. Oh, bien sûr, il n’y avait pas qu’eux. Outre de parfaits anonymes britanniques, Scotland Yard avait soupçonné un marin suédois, un boucher suisse, des médecins canadiens ou russes…
On accusa Sir William Gull, le chirurgien de la famille royale. Puis, si déjà, le prince Albert Victor, un des petits-fils de la reine Victoria. Et –pourquoi pas ?- Lewis Carroll qui, dans des anagrammes insérés dans « Alice au pays des merveilles » aurait avoué être le coupable…
Mais aussi, outre A. Kosminski, pas moins de huit Juifs ! Tous furent arrêtés pour des raisons extérieures à l’enquête et tous furent en définitive innocentés. Comme le cordonnier John Pizer qui ressemblait à une vague description du tueur et surtout arborait en permanence « un air cruel et sardonique ».
Ou Jacob Levy qui était boucher et savait donc découper ses victimes. D’ailleurs, on avait trouvé un morceau de tablier de boucher près d’un des corps… Ou alors Seweryn K?osowski (dit « George Chapman »), un barbier dont il était avéré qu’il n’aimait pas les femmes : il avait successivement empoisonné les trois qu’il avait épousées.
A moins que le coupable ne soit Hyam Hyams ? Lorsqu’on l’avait arrêté, il était en plein crise de delirium tremens causé par son alcoolisme. Louche, non ? Tout comme Joseph Silver (qui devint plus tard « Roi des proxénètes »… en Afrique du Sud) : c’était un bagarreur et un racketteur.
Sans parler de Nathan Kaminski, le plus suspect de tous. Déjà, ce fabricant de chaussures vivait dans le quartier des meurtres. En plus vu la similitude des noms, la police l’aurait confondu avec Aaron Kosminski. Mais en réalité, N. Kaminski était David Cohen !
N’avaient-ils pas le même âge (23 ans) et le même pays d’origine, la Pologne ? Cohen était, lui, était tailleur et schizophrène et quand la police l’arrêta pour vagabondage, il était incapable de parler. Si vous n’avez pas suivi, pas d’inquiétude : l’auteur non plus ni, semble-t-il, personne depuis un siècle.
Tout cela pour dire qu’à l’époque, tant la police que la presse aurait été ravies que le criminel ne soit pas anglais mais bien un de ces étrangers capables de tout et du reste. Un Juif par exemple, déjà qu’on les accusait avec régularité de crimes rituels…
Ceci étant, soyons clairs : s’il est confirmé que le Juif Kosminski était vraiment l’Eventreur, et bien qu’il en soit ainsi. On ne croit pas à la responsabilité collective ni horizontale (le peuple serait responsable ces crimes d’un seul) ni verticale (les fautes des pères retomberaient sur les enfants). On regrette juste pour ces pauvres femmes…
*http://www.jpost.com/Diaspora/Jack-the-Ripper-was-a-Jew-British-paper-claims-374649
**http://fr.wikipedia.org/wiki/Suspects_de_l%27affaire_%C2%AB_Jack_l%27%C3%89ventreur_%C2%BB
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