Cette année, le CCLJ a décidé de mettre le yiddish à l’honneur. Outre les cours de yiddish et une nouvelle table de conversation, la musicienne Joëlle Strauss animera un nouvel atelier « Le yiddish en chantant ! ». Entretien avec une passionnée.
Pour quelle raison avez-vous accepté d’animer ce nouvel atelier ?
Je suis des cours de yiddish à l’Institut Martin Buber depuis quatre ans avec Sonia Pinkusowitz, une des grandes personnalités du yiddish, qui enseigne dans toutes les universités d’été, et m’a vue venir chaque semaine avec de nouvelles chansons à traduire. C’est elle qui m’a recommandée auprès du CCLJ et je considère cela comme une vraie chance.
Comment les cours vont-ils se dérouler ?
Justement, je ne voulais pas seulement chanter. Nous allons donc écouter les différentes versions d’une même chanson, c’est toujours très amusant. Nous verrons aussi l’origine du morceau, son histoire, avant de passer à la phonétique du texte et sa traduction. Pianiste à la base, j’apporterai un synthé en plus de mon violon pour accompagner les participants. Il ne s’agit pas d’un cours de yiddish, aucune connaissance de la langue n’est donc nécessaire. Cet atelier s’adresse à tous ceux qui voudraient connaitre ces chansons que nous avons l’habitude de fredonner aux mariages, aux bar-mitzva. On commencera bien sûr par les standards (Tum Balalaika, Belz, Bay Mir Bistu Sheyn…), ceux qui le souhaitent peuvent également venir avec des propositions. Je préparerai chaque séance avec Sonia Pinkusowitz.
Comment cette passion du yiddish est-elle née chez vous ?
Depuis longtemps c’est vrai, je fais de nombreuses recherches sur le yiddish et j’ai une impressionnante bibliothèque. Le yiddish est la langue de mes ancêtres. On m’a toujours dit que j’étais le portrait de ma grand-mère paternelle, qui portait le nom Strauss que j’ai d’ailleurs choisi comme nom d’artiste. Outre la ressemblance physique, j’aurais son caractère, ses goûts musicaux… En renouant avec une partie de mes origines, j’ai donc décidé, comme elle, de me mettre au yiddish. L’espagnol, le français et l’anglais avaient déjà rythmé mon enfance, je chante désormais aujourd’hui dans toutes ces langues. Au sein de Krupnik, le groupe de musiques juives belge (avec notamment André Reinitz), en trio, avec Christophe Delporte à l’accordéon et Marc Grauwels à la flûte, mais aussi dans diverses formations multiculturelles alliant différents arts de la scène (rap, danseurs, musiciens, chanteurs, performeurs…).
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