Juifs et vivre-ensemble

Le mois dernier, une école nous a demandé d’intervenir suite à l’agression d’un jeune adolescent juif. Ce jeune a toujours fréquenté des écoles bruxelloises multiculturelles et s’en est trouvé heureux. Alors qu’il invitait toute sa classe à sa bar-mitzva et leur expliquait la signification de ce rite de passage, l’un d’entre eux dit : « Moi, je ne viens pas à une fête de Juifs ». « Très bien, alors tu n’es plus invité », lui répondit son hôte. L’après-midi, l’adolescent « exclu » de la fête et frustré de cette exclusion, s’en prit à l’adolescent juif et, après moult insultes, l’agressa violemment physiquement hors de l’école. Ce qui fut dit à ce moment-là ? « Si tu étais né en 1940, tu serais déjà mort », « Retourne dans ton pays »… Notre ado, empêché de se défendre face à la violence de l’agression, fut sauvé par un de ses amis, musulman. Face à ce triste événement, l’école a eu une réaction appropriée.

Ce qui nous choque dans cette histoire, c’est que l’agresseur, connu pour avoir des difficultés à maîtriser ses pulsions, a utilisé l’identité juive de la victime comme légitimation à l’agression, en « tapant » là où dans son esprit cela « doit » faire mal.

Pour avoir travaillé avec l’agresseur et sa classe, nous pouvons dire qu’il n’est pas consciemment antisémite. Cependant, son acte nous laisse penser qu’une fois de plus, être juif aujourd’hui (comme hier) est une « faute » qui « justifie » l’agression.

Notre programme « La haine, je dis NON ! » rappelle à tous que nous sommes semblables et différents, que chacun a droit au respect et toujours les enfants et les adolescents réagissent très positivement à ce message et le font leur. Cependant, force nous est de constater qu’il y a quelque chose de « pourri » au « Royaume du vivre-ensemble » et que tous, acteurs de l’éducation, devons vivement nous en occuper, avant que plus aucun enfant juif ne fréquente les écoles non juives.

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