« La campagne de MSF porte aussi sur le Soudan, l’Afghanistan, le Yémen… »

Suite à la publication de notre article sur le spot de Médecins sans frontières (MSF), Peter Casaer, le responsable de la communication de MSF Belgique, nous a contactés pour s’expliquer sur cette campagne qui ne concerne pas uniquement Gaza, mais également d’autres zones et d’autres situations de crise humanitaire.

Quel est l’objectif de la campagne « L’indifférence est une maladie » ?

L’objectif de la campagne de MSF est de lutter contre l’indifférence et de dénoncer les discours populistes favorisant la haine de l’autre, notamment à travers les attaques et les campagnes contre les ONG et les individus qui viennent en aide à ceux qui souffrent ou qui sont victimes de conflits armés et d’épidémies graves. Nous devons faire face au rejet de l’autre qui se brandit sans gêne et sans scrupule, où même les politiques dépassent le politiquement correct, où le racisme s’affiche, se like, se tweete sans le moindre scrupule.

Cette campagne contre l’indifférence ne porte que sur la situation à Gaza ?

Non. Elle ne porte pas que sur la situation à Gaza et se fonde sur des témoignages des équipes de MSF présentes sur le terrain à travers le monde. Elle couvre donc d’autres pays comme l’Afghanistan, le Soudan, et évidemment le Yémen. Vous pouvez donc entendre d’autres spots évoquant ces pays. Mais comme nous sommes une ONG à vocation médicale, cette campagne porte aussi sur les patients atteints d’Ebola en République démocratique du Congo, sur la malaria au Nigeria, le VIH au Mozambique, les femmes qui doivent accoucher dans des infrastructures sanitaires décentes, que ce soit au Liban, au Pakistan ou encore en République centrafricaine, sur les consultations en santé mentale aux victimes de torture et de violences sexuelles, sur les opérations de blessés de guerre, la malnutrition, la tuberculose, le choléra…

Avez-vous conscience que le spot sur Gaza ait pu choquer ?

Cela m’a surpris, car notre objectif n’est pas de susciter la haine, et sûrement pas l’antisémitisme. Mais comme nous avons des antennes présentes à Gaza, nous ne pouvions pas non plus ignorer ce que nos équipes ont vu sur place. Les autres témoignages de terrain sont tout aussi poignants. Il ne s’agit pas de dresser l’opinion publique contre les Juifs. Bien au contraire, nous voulons également dénoncer tous les discours de haine, et en ce compris l’antisémitisme, et l’indifférence qu’ils suscitent envers ceux qui ont besoin d’aide et de solidarité.

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