Le 9 mars prochain, la Jeunesse juive laïque vous invite à sa traditionnelle messiba annuelle. Une occasion de célébrer en même temps ses 50 printemps. Rencontre avec deux des principaux intéressés, Davita, rosh ken de la JJL et son père Bernard Perelsztejn.
Cinquante ans, ça compte. Ca commence même à devenir une affaire de générations. Bernard et Davita Perelsztejn sont bien placés pour en parler. Le père et la fille sont depuis longtemps des assidus de la JJL, et le temps n’y a rien changé.
« J’avais 6 ans en 1970 et mes trois frères et sœur y étaient déjà passés », raconte cet « ancien », presque aussi âgé que le mouvement. « C’était un choix de mes parents, pour le judaïsme laïque de la JJL et les idées véhiculées par le CCLJ ». Davita, 18 ans, actuelle rosh ken avec Michaël Ajami, est arrivée à la JJL il y a neuf ans. Son frère aîné, Forster, y était avant elle, et sa sœur Noa la suivra de quelques années. Parce que la JJL, c’est aussi une histoire de famille.
« A l’époque, nous étions déjà un mouvement à part, ni sioniste, ni haloutsique (pionniers) », confie Bernard. « Nous ne changions pas nos prénoms en prénoms hébreu, nous parlions de « moniteurs » et non de « madrihim » et nous ne portions pas de houltsa (chemise) ».
Les grands changements correspondront à la fin de la Colo(nie) Amitié, véritable institution dans la communauté juive qui semble avec l’évolution de la société ne plus être en adéquation avec les attentes des enfants. La JJL devient alors un « vrai » mouvement complet et organise ses propres mahanot (camps de vacances). La réflexion la conduit même à participer au Lag Baomer (événement sportif annuel), en entrant dans la Brith qui rassemble les différents mouvements de jeunesse « sionistes ». Par un concours de circonstances, le déménagement se fait au même moment de façon effective, en passant du 62 au 52 rue hôtel des monnaies, à Saint-Gilles. Nous sommes à la fin des années 90.
« Quarante-trois ans après mon entrée à la JJL, le mouvement se présente comme tous les autres de l’extérieur, mais il défend toujours les mêmes valeurs, une jeunesse très juive et très laïque », soutient Bernard. Vêtue de sa houltsa bleu marine et de son foulard bleu et blanc, Davita confirme : « Partir en Israël n’a jamais été pour nous un mot d’ordre et relève toujours aujourd’hui d’un choix personnel, sans constituer un but en soi ».
Le mouvement reste aussi très ancré et intégré dans le quotidien belge. Les jeunes de la JJL sont en effet toujours issus pour la majorité des écoles non juives, ce qui lui donne sans conteste une plus grande ouverture. Sans que la mobilisation en faveur d’Israël ne soit pour autant laissée de côté. Bernard retient cette quête à laquelle il avait participé à l’époque, chaussée d’Ixelles, pour récolter de l’argent pour des ambulances après la guerre de Kippour. Davita se remémore, quant à elle, la dernière manifestation de soutien à Israël en novembre.
Pour des raisons de sécurité, les jeunes n’ont certes plus la possibilité de se rendre au Parc de Forest, comme ils le faisaient dans le temps. Les peoulot (activités) n’en sont que plus approfondies.
Ils sont chaque samedi quelque 150 jeunes de 6 à 18 ans à se réunir au CCLJ pour se retrouver, se dépenser et s’amuser. Pour nouer, comme Davita et Bernard Perelsztejn, des amitiés d’une vie.
]]>