La justice casse Karsenty

On se l’était promis, juré craché : on calme le jeu avec cette histoire. Et même, alors qu’un tribunal français vient de débouter l’éminent M. Karsenty, on ne voulait pas s’en faire l’écho. Pas de provocation, pas de triomphalisme, pas d’huile sur le feu. Et puis…

Et puis, on a lu les réactions de nos honorables adversaires et on n’a pu réprimer un large sourire. Car, comment M. Karsenty qui communique plus vite qu’il ne pense, a-t-il accueilli cet échec ?

Il a évoqué une « cassation disciplinaire » pour « motifs de procédure » Dit autrement : ces juges sont des bureaucrates bornés. Il a poursuivi en reprenant l’affaire depuis l’an 2000 afin d’expliquer que c’est quand même lui qui avait raison depuis le début.

Ses partisans ont trouvé l’idée si bonne qu’ils ont embrayé dessus : la justice est aveugle, obscurantiste, incompétente. D’ailleurs, si on reprend l’affaire depuis le début… Toujours cette vieille lune de la rectitude à qualité variable.

Quand, en 2006, les juges ont condamné M. Karsenty, c’est qu’ils étaient à la botte de Jacques Chirac. Lorsqu’ils l’ont relaxé en 2008, c’étaient des gens probes disant la loi. Aujourd’hui, ce sont de minables myopes. Comme ceux qui ont condamné Dreyfus mais en pire.

Pourtant, si ces juges avaient tranché dans le « bon » sens, quels hommes estimables, ils auraient été impartiaux, clairvoyants, incorruptibles hérauts de la Vérité et le Droit… Ma parole, on croirait entendre Shylock dans « Le marchand de Venise ».

Sauf que Shakespeare avait du talent, lui.  Comme on dit à Bruxelles : petits joueurs, va !

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