La Knesset a voté la loi controversée sur les colonies

Comme annoncé ce lundi soir, le Parlement israélien a voté en troisième et dernière lecture une loi qui légalise 55 avant-postes construits en Cisjordanie qui permettra à l’Etat de s’approprier quelque 800 hectares de terres palestiniennes.

La loi, approuvée par 60 députés et rejetée par 52, a été adoptée après que le Premier ministre israélien a informé l’administration Trump du débat sur cette question. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre belge n’avait pas voulu commenter cette décision avant qu’elle ne soit définitive. Benjamin Netanyahou, en visite chez la Première britannique, Theresa May, était lui rentré tout spécialement de Londres pour être présent au vote.

« Pressé par son aile droite, il voulait gagner du temps pour que cette loi ne passe pas », nous assure un journaliste israélien. « Parce qu’il est conscient des conséquences internationales que cette décision peut avoir. Mais à la fois il était nécessaire que ce vote soit finalisé pour éviter des recours tels que celui effectué contre la colonie Amona, évacuée il y a une semaine ».

L’arrivée du Président américain semble avoir reboosté ces dernières semaines les projets de colonisation. En plus de dix jours, 6.050 nouvelles constructions ont vu le jour, « soit plus que sur un an sous Obama », poursuit notre journaliste qui évoque la création d’un autre plan d’infrastructure prévoyant la construction de routes et de voies ferrées entre les colonies, sans oublier le projet de loi du ministre de l’Education Naftali Bennett (HaBayit HaYehudi) qui, après la « défaite juridique » d’Amona, a promis d’annexer une partie de la Cisjordanie. « Avec le risque d’un recours de la communauté internationale à la Cour Pénale internationale, qui serait justifié », considère notre journaliste.

Le Premier ministre belge Charles Michel rencontrera ce matin son homologue israélien Benjamin Netanyahou. Comme il l’a déjà fait avec le Président Reuven Rivlin, nul doute qu’il lui exprimera son point de vue sur la question. « Je suis venu ici pour renforcer nos relations bilatérales, mais aussi pour partager notre intérêt pour la paix. Sans faire de leçon de morale, nous pouvons nous permettre d’être clair sur le sujet », avait-il déclaré à l’issue de la première rencontre.

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