Inviter les Roms à la « Journée du souvenir de la Shoah » (Yom HaShoah). L’idée est si évidente qu’on s’étonne qu’elle ne soit pas mise en pratique depuis des décennies. Quoi qu’il en soit, ce 18 avril-ci, une délégation officielle des Roms européens sera présente à Jérusalem pour l’événement.
Dirigée par le chef de la communauté rom de Pologne Roman Kwiatkowski, elle comprendra des représentants de celles d’Allemagne, des Pays-Bas, de Slovaquie et de République tchèque. Ils rencontreront, entre autres le président de la Knesset et le directeur de l’Institut Yad Vashem.
« C’est un geste très important, une preuve que les autorités israéliennes comprennent la similitude des destins difficiles des Roms et des Juifs et qu’elles veulent soutenir les communautés rom dans le monde », a déclaré M. Kwiatkowski aux médias polonais.
« Similitude » est le terme exact. Les nazis considéraient les Roms (Tsiganes, Sinti…) comme aussi « racialement inférieurs » que les Juifs et les traitèrent en conséquence. D’abord, les Einsatzgruppen (unités mobiles d’extermination) les assassinèrent par milliers.
Puis, des dizaines de milliers d’autres furent déportés dans des camps au nom tragiquement familier : Auschwitz-Birkenau, Belzec, Sobibor, Treblinka… Avant la guerre, la population rom d’Europe était estimée à 830.000 âmes.
Il en restait moins de 600.000 après 1945. Rien que chez nous, 400 des 600 Roms de Belgique furent ainsi assassinés. Mais, toujours comme chez les Juifs, la vie l’emporta sur la haine. Aujourd’hui, le peuple rom compte entre 8 et 15 millions de personnes.
Pour en savoir plus sur ce peuple nomade, il faut visiter la remarque exposition « Tsiganes, Roms, Gitans, Gens du voyage… Entre mythes et réalités » jusqu’au 18 avril 2012 à la Maison du Livre de Bruxelles http://www.lamaisondulivre.be/spip.php?article56
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