Après «La haine je dis non!», le MRAX, entouré d’une vingtaine d’asso-ciations dont le Cclj, lance une nouvelle campagne «La paix, ça commence entre nous» pour éviter les amalgames et promouvoir le dialogue entre les communautés. Thérèse Mangot, présidente du mouvement, nous l’ex-plique. Cette campagne fait-elle suite à la recrudescence des actes antisémites?
Effectivement. Le MRAX a d’ailleurs fermement condamné l’agression du professeur Berman comme celle des élèves de Maimonide à la station Lemonnier. Notre association, au départ, s’intéressait plutôt aux questions de racisme, de discrimination au quotidien, sans se prononcer sur les questions internationales. Mais depuis le 11 septembre, la dégradation du conflit israélo-palestinien et la guerre en Irak, les répercussions se sont fait sentir chez nous en nous touchant souvent directement. L’islamophobie est montée d’un cran et l’antisémitisme est réapparu. Les amalgames conduisent à des raccourcis véritablement dévastateurs dans l’imaginaire des populations qui vivent ici.
Comment analysez-vous la situation actuelle?
Des amis, d’origine maghrébine, admettent volontiers que des préjugés antisémites sont présents dans leur communauté, ils pensent que c’était latent et sans conséquences, mais cela a été ravivé par le conflit israélo-palestinien. Les préjugés se sont transformés en violence et en haine dans certaines franges de la communauté, on l’a vu dans les différentes manifestations. Mais si le tabou de l’antisémitisme a été levé, l’islamophobie est bien présente elle aussi. On la retrouve chaque jour, dans les difficultés pour trouver un logement, un emploi…
Comment s’articule votre campagne?
Le MRAX s’est associé à une vingtaine d’organisations dont le Cclj. L’ensemble des pouvoirs publics nous a également beaucoup soutenu. Un film destiné aux écoles, «Pourvu que l’on se parle…», a été réalisé à l’initiative du Centre pour l’Egalité des Chances et du GSARA (Groupe socialiste d’action et de réflexion sur l’audiovisuel), des rencontres inter-communautaires sont organisées et des animateurs du MRAX vont sensibiliser les jeunes dans les écoles et les associations. Nous souhaitons aussi diffuser notre message par l’intermédiaire des radios communautaires. Le nombre d’enseignants et d’associations qui nous ont déjà contactés révèle une véritable attente et l’on constate que tout le monde se trouve assez démuni face aux événements actuels. Il n’y a pas de solution miracle contre l’antisémitisme et les autres formes de racisme, mais ce n’est pas une raison suffisante pour ne rien faire. Il faut tout essayer.
Infos : MRAX 02/209.62.50
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