Le 31 mai 2012 à 12h30, l’architecte Isidore Zielonka viendra au CCLJ nous entretenir de l’avenir du Mémorial des Martyrs juifs de Belgique. Une véritable saga qui devrait bientôt trouver un épilogue heureux. A force de motivation et de persévérance.
Interpellés par un administrateur de L’Enfant caché, Manfred Benjamin, préoccupé à juste raison par la dégradation constante du Mémorial, nous avions rencontré pour notre numéro de novembre (« Rénovation du Mémorial : la clé de la survie ? », Regards n°743) une série d’acteurs intervenus dans la longue histoire de ce monument érigé il y a plus de quarante ans. Parmi eux, l’architecte Isidore Zielonka était de ceux à avoir apporté leur expertise dans le projet actuel de rénovation. « Une rénovation dont l’idée n’est pas neuve », nous confiait-il alors, puisqu’elle remontait au classement du Mémorial en 2003… De l’eau a coulé sous les ponts.
Au CCLJ, Isidore Zielonka reviendra en 60 diapositives sur ce qu’on peut qualifier de véritable « saga », de la mise à disposition du terrain par la commune d’Anderlecht en 1960 à l’actuel plan de rénovation, en passant par le concours remporté en 1964 par André Godart, la construction, l’inauguration, la détérioration, les projets d’avenir, la sécurisation et les mesures de maintien. « Avec quelques anecdotes bien sûr, les problèmes rencontrés, les absurdités, mais aussi les aides précieuses dont nous avons bénéficié », souligne l’architecte qui se souvient avoir été appelé en renfort en 2002 par Nathan Ramet. « Peu de gens s’en occupaient alors, mais la rouille, elle, continuait son œuvre. J’ai découvert beaucoup de choses que je souhaite partager ».
Après leclassement du Mémorial, justifié par l’intérêt historique et esthétique dû à ses qualités architecturales et sculpturales ainsi que sa valeur symbolique et culturelle, une autre étape significative aura été en 2009 la confirmation de l’aide financière accordée par la Fondation du judaïsme de Belgique, à concurrence de 20%. Une avancée essentielle, ceux-ci venant compléter les 80% de fonds pris en charge par la Région bruxelloise. Et la démonstration évidente que les choses bougent : le principe des subsides acquis, les études préalables ont été bouclées fin 2011 et les permis d’urbanisme introduits. Les entreprises doivent à présent remettre leurs offres pour permettre de désigner l’une d’elles et démarrer les travaux. « Août semble un espoir réalisable », admet Isidore Zielonka. « Le Mémorial devrait être remis en état pour le printemps 2013 ».
Du côté administratif et pratique aussi, la situation a bien évolué. Des membres de la Fondation Mémorial sont entrés à L’Enfant caché, comme Isidore Zielonka, et inversement. Tout un programme de gestion se met également en place, prévoyant un service de maintenance, un accès facilité à des heures d’ouverture classiques et une collaboration avec le Musée juif, pour le site web comme les visites guidées.
« Le Mémorial fait partie du patrimoine bruxellois et bien qu’en travaux, il sera ouvert cette année aux Journées du Patrimoine/Journée sans voiture (15-16 septembre 2012) », se réjouit Isidore Zielonka. Et l’architecte de donner rendez-vous « l’an prochain au Mémorial » : « C’est là que nous prévoyons d’organiser désormais la lecture des noms des Juifs déportés de Belgique ». L’endroit semble effectivement tout trouvé.
Le Mémorial national aux martyrs juifs de Belgique est situé square des Martyrs juifs, à l’angle des rues Emile Carpentier et des Goujons, à 1070 Anderlecht.
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