La solution au conflit

Maman : trentenaire un peu débordée

Enfants : Un ptit gars de 7 ans et 6 mois, une blondinette de 4 ans et 5 mois

Le ptit gars : « Si chacun veut la terre de l’autre, ils n’ont qu’à échanger ! ».

Alors que les plus grandes personnalités politiques du monde se pressent en Israël et dans les territoires palestiniens pour rappeler aux autorités leur position sur le conflit et confirmer l’option européenne de « deux peuples deux Etats », retenue par une majorité, nous nous trouvions nous-mêmes en famille il y a peu sur la route de Jérusalem, à quelques centaines de mètres du fameux Mur.

Interrogés par les enfants, nous avons tenté de simplifier la situation : « Vous voyez, d’un côté, il y a les Juifs, de l’autre les Arabes, mais c’est très compliqué parce que tout le monde se dispute pour le même pays… »

C’était sans compter sur le lancement par le ptit gars d’un vrai débat : « Et comment on règle ça alors ? ».

« C’est justement la question que tout le monde se pose », poursuivai-je. « Si tu as une idée, elle est la bienvenue… »

« Mais si chacun veut la terre de l’autre, ils n’ont qu’à échanger ! », proposa-t-il.

« Ils ont qu’à mettre des Juifs dans l’équipe des Arabes et des Arabes dans l’équipe des Juifs », s’emmêla la blondinette, bien décidée à prendre sa revanche. « Le premier qui dit : “C’est mon pays”, eh ben, c’est son pays, voilà ! ».

« Normalement, c’est ceux qui ont construit là qui doivent recevoir la terre pour eux… », conclut le ptit gars, avant de passer à des préoccupations bien plus sérieuses de piscine avec ou sans brassards pour la blondinette et du goûter à choisir, entre une glace ou… une glace.

Pourquoi les choses ne sont-elles pas si simples ? Pourquoi personne n’a encore demandé aux enfants de trouver une solution à ce conflit qui n’en finit pas ? Les politiques affirment être optimistes alors que les populations des deux camps n’ont jamais été aussi désespérées. C’est plutôt même la lassitude qui semble désormais l’emporter, la banalisation d’une situation avec une évolution à laquelle plus personne ne croit. Ou ne croit qu’au pire.

Alors que nous assistions au spectacle du Cirque Pauwels, rebaptisé pour l’occasion « Le miracle de Hanoucca », je me suis prise au jeu. Si une poignée de Maccabim est parvenue à battre la redoutable armée grecque, peut-être qu’une minorité très motivée parviendra à convaincre les plus grands de devenir raisonnables. Je me vois déjà annoncer fièrement au ptit gars et à la blondinette : « Plus besoin de chercher, tout est réglé… ».

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