La justice a rejeté la demande de l’ex-Président du MRAX, Placide Kalisa, de nommer un administrateur provisoire à la tête de cette organisation. Un succès, certes, pour l’actuelle direction mais qui ne ralentira sans doute pas l’agonie du Mouvement.
Le directeur du Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX) Radouane Bouhlal peut se réjouir : il a gagné une bataille dans l’interminable guerre qui l’oppose à ses employés, à son ex-Président, à ses autorités de tutelle, à tout le monde.
Le tribunal de première instance de Bruxelles a en effet débouté M. Placide Kalisa et l’a condamné aux dépens. Un coup dur pour l’ex-Président de l’organisation même si le Mrax n’a pas réussi à le faire condamner pour « procédure téméraire et vexatoire ».
Le MRAX peut donc se féliciter de ce jugement rendu par « un Tribunal impartial et indépendant » et en espère la fin d’une crise causée par des «ingérences de toutes sortes, avec le véritable dessein d’affaiblir la plus ancienne organisation antiraciste ».
Le problème pour la direction du Mouvement, c’est que cette vision quelque peu « conspirationniste » des choses ne modifie rien à la réalité : par ses foucades, ses déclarations à l’emporte-pièce et sa médiocre gestion, M. Bouhlal a lassé les bonnes volontés.
Les « anciens » sont partis, le personnel est démobilisé, l’opinion publique dégoutée, les combattants de l’antiracisme affligés. Il a d’ores et déjà perdu le tiers du subside annuel de la Communauté française et risque d’en perdre la moitié.
L’Office bruxellois de l’emploi menace de supprimer les postes qu’elle subsidie. Et surtout la ministre Fadila Laanan a lancé une « plate-forme contre le racisme » qui pourrait tout simplement court-circuiter le MRAX (voir l’article « L’initiative de Fadila Laanan » ).
La justice vient de laisser M. Bouhlal et les siens diriger ce qui ressemble de plus en plus à une coquille vide. Triste victoire. Triste jour aussi pour le combat antiraciste.
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