Le roi Louis XIV avait fait graver sur ses canons « l’ultime argument des rois ». Pour l’actuel gouvernement israélien, la force n’est pas seulement un dernier recours, c’est le seul…
Tout a (re)commencé ce jeudi 18 aout lorsque trois attentats terroristes ont causé la mort de 8 Israéliens dans le désert du Néguev. Des attaques sanglantes, conçues pour faire un maximum de victimes.
Israël a aussitôt bombardé la bande de Gaza, visant divers sites des « Comités de Résistance populaire », l’organisation islamiste considérée comme responsable de cette vague de violence et tuant plusieurs de ses leaders.
Les Palestiniens ont riposté en lançant des roquettes sur le territoire israélien (une centaine jusqu’à présent), faisant un mort. Nouveaux bombardements israéliens, arrestations de membres du Hamas en Cisjordanie, menace d’attaques ciblées sur ses chefs.
Justes représailles. Oeil pour œil, dent pour dent. Que l’ennemi aussi pleure. Et pourquoi pas, après tout ? Mais ensuite ? La vengeance n’est pas une stratégie. Encore moins une politique. Comment les dirigeants israéliens entendent-ils gérer cette crise ?
On aimerait croire qu’en tant que gens intelligents et sages, ils savent ce qu’ils font. Qu’avec l’anarchie croissante dans le Sinaï égyptien voisin, ils avaient prévu un tel drame. Et que lorsqu’il s’est produit, ils ont pris avec sang-froid les mesures qui s’imposaient.
Et puis, l’ombre d’un doute en entendant les martiales déclarations de l’actuel Premier Ministre Netanyahou : « J’ai établi un principe : lorsque des citoyens israéliens sont attaqués, nous répondons immédiatement et avec force ».
Dit autrement, les dirigeants israéliens n’ont pas dominé ces évènements, ils les ont subis. Et qu’en est-il des autres dangers qui s’accumulent et se précisent tout autour d’Israël ? Dans un mois, jour pour jour, les dirigeants palestiniens réclameront un Etat à l’ONU
Quelle est la stratégie de la coalition actuelle si cette demande est acceptée ? Et si elle est refusée ? Autres soucis : les relations avec la Jordanie se dégradent presque aussi vite que celles avec l’Egypte.
En fait, si ces deux pays n’étaient pas inféodés économiquement et politiquement aux Etats-Unis, la rupture serait déjà consommée. Que fait ce gouvernement pour éviter l’un ou l’autre de ces scénarii ?
En Syrie, les troubles ne seront pas éternels. Quel que soit le pouvoir qui émergera ensuite, ce ne sera pas un ami de l’Etat juif. Malgré les efforts du Mossad pour le ralentir, le programme nucléaire iranien finira bien par aboutir. Quelqu’un à Jérusalem réfléchit-il à ces cas de figure ?
« Tsahal est prêt à affronter ces nouvelles menaces »
A ce genre de questions, la réponse est toujours la même : l’armée est prête à affronter ces nouvelles menaces. Traduction : comme ses prédécesseurs depuis une décennie au moins, ce gouvernement ne connait qu’une seule riposte à tous les problèmes : la force
Il n’a que faire de la manœuvre ou de la diplomatie. Sa solution, c’est échanger du sang (le sien et celui des autres) contre du temps. Comme lors de la 2ème guerre du Liban. Et lors de « Plomb durci » à Gaza.
Et sans doute encore cette fois-ci. Sauf dérapage toujours possible, M. Netanyahou pourra se glorifier sous peu d’avoir éradiqué une nouvelle pointe de l’iceberg terroriste. Et tout le monde fera mine d’ignorer qu’une autre est déjà apparue.
En attendant, le calme règnera. Et que fera ce gouvernement du temps ainsi obtenu ? Il reprendra la seule activité qui semble le mobiliser vraiment : coloniser la Cisjordanie. Et tant pis si cela déplait au reste du monde : Tsahal est prêt à affronter ces nouvelles menaces ….
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