La vérité si je mens 3

La Vérité : ils re-reviennent ! Eddie, Serge, Yvan, Dov et Patrick en mettent plein l’écran pour vous offrir du divertissement ! Depuis quinze ans déjà, ils font partie de la famille ! Ils ont mûri, mais rassurez-vous ou non, la Vérité, ils n’ont pas changé !

Alors quoi. On a droit à du délassement, non ? Un dimanche où il pleut tout l’après-midi ou un soir où on n’a plus de case libre pour penser : venir sans rien attendre et se laisser aller. Les premières images sontkitshissimes. Entre les communautés juive et chinoise, les clichés débordent, la caricature suinte, mais la confrontation voire la rencontre des deux cultures est amusante. Et puis, la vérité, ils sont tous là,les protagonistes du 0, du 1 et du 2.

On retrouvera donc les cinq copains comme les doigts de la main, les célè-bres parents de Serge et de Chochana, des nouveaux arrivants (truculents Cyril Hanouna, Marc Andreoni) et des guests(Dany Brillant, Max Boublil). On retrouvera aussi l’énergie de la vie -les chemises à fleurs, les cravates à pois et les blazers roses-, la fête du business et les affaires sur fond de fête. Le nerf de la guerre, l’argent, garde sa place de choix, et crise oblige, il faut davantage se battre aujourd’hui pour le maintenir en vie.

Qu’on soit pro ou anti-La-Vérité-Si-Je-Mens, il faut admettre que çacolle entre les personnages de cette bande de garçons devenus hommes, chacun cultivant ses travers et parfois sa mauvaise foi crasse pour lesquels on finit par avoir de la tendresse. Les femmes restent reléguées à leur « rôle de femme », secondaire et disons même tertiaire, mais leur situation évolue et ne désespérons pas qu’elles gagnent un peu de terrain dans La Vérité Si Je Mens 4pour une égalité espérée au 15. Certains passages font aussi appel à la mémoire collective : une scène de repas renvoie à une séquence incontournable des Bronzés font du ski et les scénaristes n’ont pas lésiné à reprendre des répliques devenues cultes des deux films précédents. L’histoire ne changera probablement pas le cours de votre vie, le suspense sera sans doute soutenable, peut-être subirez-vous aussi une traversée du film de 40 minutes sur les deux heures (qu’est-ce que je vais manger ce soir, ma voiture est-elle bien garée, etc.) mais la vérité, Richard Anconina est très charmant, Gilbert Melki craquant, José Garcia, tête-à-claques à souhait, Bruno Solo touchant et Vincent Elbaz, bien. Mentions spéciales pour les seconds rôles, avec notamment la gueule de cinéma ou de BD de Marc Andreoni ou Cyril Hanouna qui officie un shabbat à Shanghai, hilarant. Oui, oui, Enrico est toujours là. A ce propos, le réalisateur Thomas Gilou, parle affectueusement des acteurs qui portent ses comédies : « Beaucoup ont connu leur premier grand succès avec le premier film. Pour la plupart, je les ai vus débuter. Il en résulte un attachement qui dépasse ce qui se produit d’habitude sur un film. La durée de l’aventure et l’adhésion du public ont encore amplifié ce sentiment rare. Tous ont éprouvé un plaisir énorme à se retrouver sur ce projet et le tournage était un bonheur quotidien ».

Ce qui est certain, c’est qu’en y allant vous serez dispensés de deux heures d’infos rabat-joie, de crise économique et de grisaille hivernale. Et parce qu’on n’est pas toujours disposé à disséquer un film d’auteur ou à lire Proust ou Spinoza dans le texte, on ne vous condamnera pas d’aller voir le troisième volet d’un film qui a fait, pour son premier coup, 5 millions d’entrées, pour son deuxième, la vérité si je mens, 8 millions de spectateurs et pour le troisième, encore plus. Si D’ le veut !

Synopsis

Eddie, Dov, Yvan et les autres ont migré du Sentier moribond à la banlieue florissante d’Aubervilliers, où les vieux entrepreneurs juifs ont laissé le terrain à de jeunes grossistes chinois. Toujours aussi soudée et solidaire, la petite bande suit son cours, au gré des affaires et des petits événements familiaux. Tout irait pour le mieux si un vent mauvais ne venait soudain apporter son lot d’adversité, compromettant sérieusement la cohésion du groupe… Zizanie, entraide, ruse et habileté figurent parmi les ingrédients de ce nouveau cocktail sépharade.

Un film de Thomas Gilou. Avec Richard Anconina, José Garcia, Bruno Solo, Vincent Elbaz, Gilbert Melki, Aure Atika, Enrico Macias, Cyril Hanouna… Durée 1h59 – Sortie le 1er février 2012

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